Corruption pétrolière au Congo : Guy Johnson au centre d’une enquête judiciaire en Norvège
- Amadou Diallo
- il y a 6 jours
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La justice norvégienne a annoncé, lundi 26 janvier 2026, l’inculpation de deux dirigeants et d’une filiale du groupe pétrolier Petronor pour des faits présumés de corruption en lien avec des activités menées en République du Congo. Selon l’Økokrim, le parquet norvégien spécialisé dans la criminalité économique, près de 25 millions de dollars auraient été versés entre 2016 et 2024 afin d’obtenir des avantages liés à l’exploitation pétrolière offshore.
Au cœur de ce dispositif figure l’homme d’affaires Guy Johnson, présenté comme un acteur clé de la société écran MGI International. Les personnes mises en cause contestent formellement les accusations.
Des soupçons de paiements occultes déguisés en dividendes
D’après l’acte d’accusation, les flux financiers incriminés auraient été dissimulés sous la forme de dividendes versés par la société Hemla E&P Congo (HEPCO) à MGI International. Les procureurs estiment que ces versements ne répondaient pas à une logique économique classique, mais visaient à garantir l’obtention d’avantages souverains dans le cadre de l’exploitation du permis pétrolier offshore PNGF Sud.
MGI International détenait 25 % des parts de HEPCO, tandis que les 75 % restants appartenaient à Hemla Africa Holding. Selon l’enquête conduite par la procureure Marianne Djupesland, cette répartition aurait servi de mécanisme pour assurer un flux financier régulier au bénéfice de proches de Guy Johnson.
Deux cadres norvégiens inculpés
Les dirigeants norvégiens Gerhard Ludvigsen et Knut Sovold sont poursuivis pour corruption aggravée et infractions graves aux règles comptables. L’acte d’accusation indique qu’ils auraient veillé à ce que des dividendes soient régulièrement versés à MGI International, générant jusqu’en 2024 un avantage estimé à 24,68 millions de dollars. D’autres versements suspects auraient pris la forme « d’avantages indus » ou de prêts.
Le groupe Petronor a, de son côté, rejeté l’ensemble des accusations. La défense des deux cadres, assurée par l’avocat Halvard Helle, soutient que les partenariats avec des
entités locales désignées par les États hôtes constituent une pratique courante dans l’industrie pétrolière internationale.
Guy Johnson, déjà connu de la justice française
Cette affaire ravive le passé judiciaire de Guy Johnson, déjà mis en examen en France en juin 2017 pour « blanchiment de détournement de fonds publics » dans le cadre du dossier des biens mal acquis. Les enquêteurs français s’étaient alors intéressés à l’acquisition, en 2006, d’un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine, évalué à plus de 3 millions d’euros, ainsi qu’à des travaux estimés à 5,34 millions d’euros réalisés entre 2007 et 2011.
Son rôle avait également été examiné dans l’achat, via une société civile immobilière, d’un autre hôtel particulier parisien acquis en 2007 pour environ 19 millions d’euros, dont certaines parts étaient détenues par des membres de la famille Bongo. Guy Johnson est par ailleurs l’ancien gendre du président congolais, séparé depuis plusieurs années de sa fille Julienne.
Une enquête aux dimensions internationales
L’enquête norvégienne s’inscrit dans un contexte plus large de scandales touchant le secteur pétrolier en Afrique centrale. Elle a été déclenchée à la suite d’une demande d’entraide judiciaire émanant de la police de Monaco, après la détection d’une transaction bancaire jugée suspecte. Les investigations ont ensuite bénéficié d’une coopération renforcée avec les autorités françaises et américaines.
Pour l’Økokrim, cette affaire illustre la nécessité de lutter contre la criminalité économique transnationale, en particulier lorsque des revenus issus de ressources naturelles sont détournés au détriment des finances publiques de pays africains. Ce nouveau dossier norvégien vient ainsi alourdir le passif judiciaire déjà conséquent entourant Guy Johnson.
Source : Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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