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Cyclone Fytia à Madagascar : plus de 8 000 personnes touchées en deux jours


Le passage du cyclone Fytia sur Madagascar a laissé derrière lui une onde de choc aux lourdes conséquences humaines et matérielles. En traversant l’île d’ouest en est entre le 31 janvier et le 1er février, le phénomène météorologique a affecté le quotidien de milliers de familles et mis à rude épreuve les dispositifs nationaux de gestion des catastrophes.

Dès son entrée sur le territoire par le nord-ouest, à proximité de Majunga, Fytia s’est distingué par une violence exceptionnelle. Accompagné de vents dépassant les 200 km/h et de pluies diluviennes, le cyclone a touché aussi bien les zones côtières que les hauts plateaux. Selon le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), le bilan provisoire fait état d’un décès à Antananarivo et d’une personne portée disparue dans le nord-ouest du pays.

Des milliers de sinistrés et des déplacements forcés

Au fil des heures, l’ampleur des dégâts est apparue plus clairement. Les autorités recensent plus de 8 400 personnes affectées, dont plus de 7 200 évacuées vers des sites d’hébergement d’urgence aménagés par l’État. Environ 1 200 sinistrés ont, quant à eux, trouvé refuge auprès de proches. Ces déplacements forcés mettent en lumière la vulnérabilité des habitations, souvent incapables de résister à des épisodes climatiques d’une telle intensité.

Antananarivo face à des fragilités structurelles

Dans la capitale, le cyclone a une nouvelle fois révélé des failles structurelles persistantes. Plusieurs quartiers ont été submergés à la suite de pluies nocturnes particulièrement intenses, notamment dans le district IV. L’eau a envahi les habitations, provoquant par endroits l’effondrement de constructions précaires. Dans certaines zones, la circulation est devenue quasi impossible, contraignant les habitants à recourir à des moyens de déplacement improvisés.

Le BNGRC a annoncé le déploiement de pompes pour évacuer les eaux stagnantes. Toutefois, l’état des canaux d’assainissement, souvent étroits et vétustes, complique les opérations et freine le retour à la normale.

Des risques sanitaires sous surveillance

Au-delà des dégâts matériels, les autorités sanitaires redoutent une dégradation de la situation sanitaire. Les inondations interviennent dans un contexte déjà sensible, marqué par la présence de cas de mpox. La promiscuité dans les centres d’accueil et la stagnation des eaux constituent des facteurs de risque susceptibles de favoriser la propagation de maladies, incitant les services de santé à renforcer les mesures de prévention et de surveillance.

Entre urgence et reconstruction

Si le cyclone Fytia s’est désormais éloigné des côtes malgaches en perdant de son intensité, ses conséquences restent bien présentes sur l’ensemble du territoire. Entre urgence humanitaire, défis sanitaires et enjeux structurels de long terme, Madagascar fait face à un nouvel épisode qui interroge sa capacité de résilience face aux phénomènes climatiques extrêmes. Les prochains jours seront décisifs pour évaluer la transition de la gestion de crise vers les efforts de réhabilitation et de reconstruction.

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN

 


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