Diplomatie : l’engagement du Maroc dans le “Board of Peace” de Donald Trump suscite débats et interrogations
- Amadou Diallo
- 23 janv.
- 2 min de lecture

L’annonce de la participation du Maroc au futur « Board of Peace », une initiative présentée par Donald Trump lors du Forum de Davos pour soutenir la reconstruction de Gaza, a provoqué de vives réactions dans le royaume. Si le geste s’inscrit dans une logique diplomatique assumée, il soulève également des critiques sur le plan socio-économique.
Un dispositif à forte dimension financière et stratégique
Selon les informations communiquées, le « Board of Peace » fonctionnerait selon un modèle de contributions financières permettant aux États d’accéder à un statut décisionnel. Les mandats annoncés seraient de trois ans, et un ticket d’entrée d’un milliard de dollars donnerait un statut qualifié de « permanent » au sein du dispositif.
Le Maroc serait, selon les sources proches du dossier, le premier pays africain et arabe à s’engager dans cette initiative, aux côtés notamment d’Israël et de l’Égypte. L’absence du roi Mohammed VI, durant la Coupe d’Afrique des Nations 2025, a contribué à renforcer l’attention portée à ce dossier diplomatique inhabituel.
Une lecture géopolitique liée au Sahara occidental
Sur le plan international, l’initiative peut être interprétée à la lumière de l’enjeu stratégique du Sahara occidental. Les États-Unis demeurent un acteur central dans ce dossier, et le Maroc mise sur un appui durable depuis la reconnaissance par Washington, en 2020, de sa souveraineté sur le territoire.
La participation au « Board of Peace » pourrait ainsi renforcer l’accès de Rabat aux cercles influents de l’administration américaine, un objectif récurrent de la diplomatie marocaine.
Des critiques sur le plan socio-économique
Sur le plan intérieur, l’annonce suscite en revanche des interrogations. Le Maroc fait face à d’importants défis en matière de santé publique, d’emploi des jeunes diplômés et de développement territorial. Dans ce contexte, la perspective d’un engagement financier d’un milliard de dollars a ravivé les critiques sur l’allocation des ressources.
Sur les réseaux sociaux et dans certains milieux militants, le contraste entre dépenses de prestige, grands événements sportifs et besoins sociaux est régulièrement évoqué. Des slogans tels que « des stades ou des hôpitaux ? » ont déjà été utilisés lors de précédentes mobilisations.
Communication officielle prudente
Pour l’heure, Rabat n’a pas officiellement confirmé le montant de sa contribution. La communication institutionnelle s’est concentrée sur le statut de « membre fondateur » du Maroc au sein du dispositif, laissant en suspens les modalités financières exactes.
Cette prudence s’explique en partie par le risque d’un débat public sensible, alors que les attentes socio-économiques demeurent fortes dans le pays.
Un exercice diplomatique à l’équilibre délicat
Au final, la décision constitue un test politique pour la monarchie marocaine, qui a fondé une partie de sa légitimité sur l’articulation entre stabilité, modernisation et attractivité internationale. Reste à savoir si les bénéfices diplomatiques à long terme compenseront les critiques internes liées aux priorités nationales.
Source: Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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