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Enseignement privé au Mali : un secteur en pleine expansion, mais à la qualité préoccupante


Ces dernières années, le paysage éducatif malien a été marqué par une prolifération rapide des établissements scolaires privés, notamment à Bamako et dans plusieurs régions de l’intérieur du pays. Si cette expansion répond en partie à une forte demande sociale en matière d’éducation, elle soulève toutefois de sérieuses inquiétudes quant à la qualité de l’enseignement dispensé.

En effet, une grande majorité des écoles privées, de l’enseignement fondamental au supérieur, ne respecte pas les normes académiques requises. Les manquements sont observables aussi bien au niveau des ressources humaines que des infrastructures.

Dans de nombreux établissements, les cours sont assurés par des enseignants dont les profils ne correspondent pas aux exigences pédagogiques. Il n’est pas rare d’y trouver des personnes non diplômées ou titulaires de diplômes sans lien avec l’enseignement, issues de domaines aussi variés que le secrétariat, le dessin bâtiment, la mécanique automobile, la menuiserie ou encore la maçonnerie. Cette situation affecte directement la qualité des apprentissages et la crédibilité des diplômes délivrés.

À cela s’ajoute l’insuffisance, voire l’inexistence, de locaux adaptés. Plusieurs écoles privées opèrent dans des hangars ou dans des bâtiments à usage d’habitation, souvent inachevés et inappropriés à un cadre d’enseignement. Ces conditions d’accueil ne répondent ni aux normes de sécurité ni aux exigences pédagogiques minimales.

Le recours massif à des enseignants non qualifiés s’explique principalement par la faiblesse des rémunérations proposées. En situation de chômage ou de précarité, ces derniers acceptent des salaires dérisoires, faute de mieux. Une pratique qui profite aux promoteurs d’écoles, davantage préoccupés par la rentabilité financière que par la qualité de l’éducation.

Certaines dérives vont encore plus loin. Des promoteurs se permettent d’influencer, voire de gonfler artificiellement les notes attribuées aux élèves, dans le but d’afficher de bons résultats et d’attirer davantage de parents d’élèves. Une stratégie commerciale qui porte gravement atteinte à l’éthique éducative et compromet l’avenir scolaire des apprenants.

Face à ces dérives, de nombreux observateurs appellent à un renforcement du contrôle et de la régulation du secteur de l’enseignement privé par les autorités compétentes, afin de garantir une éducation de qualité et préserver l’avenir du système éducatif malien.

 

Source : Bamako bamada

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN


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