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Finale controversée de la CAN 2025 : le Maroc engage un recours juridique contre les décisions de la CAF

La finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 continue de susciter de vives controverses plusieurs semaines après le coup de sifflet final. Entre sanctions disciplinaires, responsabilités contestées et tensions institutionnelles, le Maroc a décidé de porter le dossier sur le terrain juridique.

La Fédération royale marocaine de football (FRMF) a officiellement annoncé avoir engagé des voies de recours contre les sanctions prononcées par la Confédération africaine de football (CAF), rouvrant ainsi un débat sensible sur la gestion des crises et l’équité disciplinaire dans le football africain.

Une finale sous haute tension entre le Maroc et le Sénégal

Disputée au Maroc, la finale opposant les Lions de l’Atlas aux Lions de la Teranga, remportée 1-0 par le Sénégal, a été marquée par des incidents majeurs aussi bien sur la pelouse que dans les tribunes. À la suite d’un fait de jeu vivement contesté, les joueurs sénégalais et leur encadrement avaient quitté le terrain, entraînant une interruption de la rencontre d’environ quatorze minutes.

Dans les gradins, la situation s’est rapidement dégradée avec une invasion de la pelouse par des supporters et des scènes de violence, nécessitant l’intervention des forces de sécurité. Bien que le match ait finalement repris et été mené à son terme, ces événements ont profondément terni l’image de la compétition, pourtant saluée pour la qualité de ses infrastructures et de son organisation.

Des sanctions contestées par la FRMF

Dans un communiqué officiel, la FRMF affirme que son recours vise à « préserver l’ensemble des droits garantis par les règlements en vigueur ». Après une analyse approfondie des décisions rendues par la Commission de discipline de la CAF, l’instance marocaine estime que les sanctions infligées ne reflètent pas fidèlement la gravité réelle des faits observés lors de la finale.

La Fédération marocaine conteste notamment l’établissement des responsabilités concernant l’arrêt du jeu et l’envahissement du terrain, estimant que certains éléments déterminants n’ont pas été suffisamment pris en compte dans l’évaluation disciplinaire.

À l’issue de son enquête, la CAF avait prononcé une série de sanctions financières et sportives à l’encontre des deux fédérations concernées. Côté sénégalais, le sélectionneur Pape Thiaw a été suspendu pour cinq matchs et condamné à une amende de 100 000 dollars. Les joueurs Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye ont écopé de deux matchs de suspension chacun. La Fédération sénégalaise de football a, par ailleurs, été sanctionnée d’une amende globale de 615 000 dollars.

Le Maroc également sanctionné

Le Maroc n’a pas été épargné par les décisions de la CAF. En tant que pays organisateur, la FRMF a été condamnée à une amende de 315 000 dollars. Sur le plan sportif, le capitaine des Lions de l’Atlas, Achraf Hakimi, a écopé d’une suspension de deux matchs en compétitions CAF, dont un avec sursis sur une période d’un an. Ismaël Saibari a, pour sa part, été suspendu pour trois matchs africains.

L’un des principaux points de crispation reste le refus de la CAF d’annuler le résultat de la finale. La FRMF avait sollicité l’invalidation du match, estimant que le retrait temporaire des joueurs sénégalais constituait une circonstance exceptionnelle susceptible de remettre en cause la validité de la rencontre. Une requête rejetée par la Commission de discipline, qui a considéré que le match s’était déroulé jusqu’à son terme dans des conditions réglementaires.

Une polémique toujours vive

Ce rejet alimente un sentiment d’injustice au sein du camp marocain et chez de nombreux observateurs, qui estiment que l’interruption prolongée a influencé le rythme et la dynamique de la finale. L’affaire relance plus largement le débat sur la gouvernance disciplinaire des grandes compétitions africaines, à l’heure où la CAN 2025 devait incarner une nouvelle ère pour le football continental.

Dans l’attente de l’issue de la procédure d’appel, la polémique demeure vive, confirmant que la CAN 2025 s’est jouée bien au-delà du rectangle vert, jusque dans les arcanes 

du football africain.

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN


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