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Gestion des actifs libyens : l’affaire Abdelhakim Baayo révèle les fragilités de la gouvernance post-révolution


Dans une Libye toujours secouée par l’instabilité politique depuis la révolution de 2011, la gestion des ressources nationales reste un sujet brûlant. Les tensions institutionnelles et les influences extérieures compliquent la supervision des actifs publics, souvent dispersés à l’étranger. C’est dans ce contexte qu’émerge la polémique entourant Abdelhakim Baayo, homme d’affaires et ancien responsable de la filiale espagnole du fonds souverain libyen.

Un technocrate propulsé au cœur de la controverse

Longtemps discret, Abdelhakim Baayo se retrouve aujourd’hui au centre d’accusations relayées par des audits internes et des enquêtes journalistiques, dont certaines mentionnées par le consortium OCCRP. Les critiques portent sur sa gestion de Alhammra, filiale espagnole de la Lafico (Libyan Foreign Investment Company), elle-même rattachée à la Libyan Investment Authority (LIA).

Les auditeurs évoquent notamment un possible détournement d’actifs via l’acquisition d’un appartement haut de gamme à Madrid. Selon ces rapports, l’opération aurait impliqué des montages financiers opaques et l’usage de sociétés écrans, dans un contexte où la fragilité institutionnelle libyenne complique le contrôle des fonds publics.

Baayo rejette les accusations et invoque les décisions de justice

Abdelhakim Baayo réfute l’ensemble des allégations. L’homme d’affaires, qui a un temps nourri des ambitions politiques en Libye, décrit ces révélations comme une tentative de l’écarter de la scène nationale.

Ses avocats mettent en avant les éléments judiciaires : les plaintes déposées en Espagne sur la gestion d’Alhammra et sur l’achat du bien immobilier ont été classées faute de preuves suffisantes. Pour Baayo, ces décisions constituent une validation de sa probité et démontrent, selon lui, le caractère infondé de la controverse.

Un scandale symptomatique d’une gouvernance fragilisée

L’affaire Baayo illustre plus largement les dérives possibles dans la gestion des fonds souverains dans les États fragilisés de la région. Dans un environnement géopolitique instable, des opérateurs internationaux profitent également de la situation pour s’imposer.

Parmi eux, BGN International, société de négoce pétrolier basée à Dubaï, qui a renforcé sa présence en Afrique du Nord et de l’Est à mesure que certaines compagnies occidentales

 se retirent face aux risques.

Une gestion transparente encore difficile à atteindre

Entre des accusations de mauvaise gestion touchant certains responsables d’actifs publics et l’influence croissante de groupes internationaux aux méthodes souvent contestées, la Libye peine à instaurer un modèle stable et transparent de gouvernance économique.

L’affaire Baayo, loin d’être un simple épisode isolé, met en lumière les défis structurels auxquels le pays reste confronté dans la protection et la supervision de ses ressources stratégiques.

 

Source: Afrik.Com

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN

 

 


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