Komoguel : entre incohérences politiques et dérive verbale ?
- 20 juil. 2025
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Ancien Premier ministre, Komoguel suscite aujourd’hui la controverse avec ses sorties médiatiques jugées tonitruantes et souvent contradictoires. L’homme, désormais critique acerbe des autorités de Transition, semble avoir perdu de vue les réalités qu’impose l’exercice de la responsabilité d’État, selon plusieurs observateurs.
Lors de sa récente tribune publiée le 12 juillet 2025, intitulée « Attention à ne pas atteindre le point de non-retour ! », Komoguel accuse les dirigeants actuels de prolonger « indéfiniment » la Transition et de « prendre le Mali en otage » sous prétexte de pacification nationale.
Pourtant, ces propos tranchent avec ses propres déclarations de mai 2024, lorsqu’il affirmait que la Transition prendrait fin uniquement après le rétablissement de la stabilité sécuritaire et l’investiture d’un président démocratiquement élu.
Cette volte-face alimente les accusations d’inconstance et d’opportunisme politique. Certains critiques rappellent qu’en tant que chef du gouvernement, il a contribué à asseoir l’autorité du « régime militaire » qu’il dénonce aujourd’hui. À l’époque, il plaidait pour un environnement apaisé et le renforcement du soutien populaire autour de la Transition, affirmant que les élections ne sauraient se tenir sans stabilité préalable.
D’autres vont plus loin en dénonçant un « personnage-caméléon » qui adapte son discours aux circonstances et à ses intérêts personnels. « Sans le soutien des militaires, Komoguel n’aurait jamais eu le poids politique qui fut le sien », souligne un analyste politique à Bamako.
Cette contradiction flagrante alimente le doute sur sa capacité à incarner un projet national fédérateur et à concilier des positions antagonistes. Pour ses détracteurs, l’ancien Premier ministre s’expose à la critique par une rhétorique jugée excessive, voire imprudente, qui risque de fragiliser le tissu social déjà ébranlé.
Mais ses soutiens, eux, estiment qu’il faut lire ces prises de parole comme un signal d’alarme lancé face aux risques de dérives autoritaires et à la lenteur du retour à l’ordre constitutionnel. Ils y voient le signe d’un homme désormais libéré de ses contraintes institutionnelles et prêt à dire ce que beaucoup murmurent tout bas.
Entre accusations de logorrhée verbale et défense d’une cause nationale, Komoguel cristallise les passions et révèle, une fois encore, les paradoxes de la vie politique malienne. À la croisée des chemins, sa trajectoire questionne : homme d’État en quête de réhabilitation ou simple acteur d’un théâtre politique où l’ambition personnelle l’emporte sur la cohérence ?
Source Bamako Bamada
Haoua Sangaré
LETJIKAN




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