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Lomé accueille une réunion stratégique sur la paix en RDC : vers une coordination africaine plus lisible


Lomé accueille ce samedi 17 janvier une rencontre de haut niveau dédiée à la situation sécuritaire en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs. L’initiative, portée par le président togolais Faure Gnassingbé, vise à remettre de l’ordre dans un paysage diplomatique fragmenté et à recentrer les efforts sur des résultats concrets.

Désigné médiateur par l’Union africaine, le chef de l’État togolais entend faire de ce rendez-vous un moment décisif pour la cohérence de l’action continentale. L’objectif affiché est clair : harmoniser les mécanismes existants, réduire la prolifération des initiatives parallèles et établir une chaîne de décision capable de suivre et d’évaluer les engagements sur le terrain.

Un processus fragilisé par la multiplication des cadres

L’Est de la RDC fait depuis plusieurs mois l’objet d’une succession de consultations, rencontres régionales, formats ad hoc et médiations bilatérales. Si chacune se veut utile, cette profusion a contribué à disperser les responsabilités, à créer des chevauchements et à entretenir une forme d’ambiguïté institutionnelle.

Pour de nombreux observateurs, cette dispersion a un impact direct sur l’efficacité des efforts de paix : dilution des priorités, lenteurs d’exécution et manque de lisibilité pour les populations concernées. La réunion de Lomé cherche précisément à corriger ces dérives.

Une réunion préparée en amont

La veille, des experts et facilitateurs se sont retrouvés pour une session technique destinée à établir un socle commun. Plusieurs points ont été abordés, notamment la coordination

entre l’Union africaine, les organisations régionales et les mécanismes existants, ainsi que la nécessité de clarifier les mandats et les responsabilités.

Selon une source diplomatique, Lomé plaide pour une architecture plus structurée du processus de paix, articulée autour de cadres déjà existants plutôt que l’ouverture de nouveaux forums aux contours incertains.

Une approche axée sur la cohérence et l’impact

En ouverture des travaux, le médiateur togolais a défendu une approche articulée autour de trois principes : cohérence politique, cohérence institutionnelle et cohérence opérationnelle. Autrement dit, rapprocher les positions des États directement concernés, aligner les dispositifs continentaux et régionaux, puis s’assurer que les décisions prises se traduisent sur le terrain.

Le Togo met en avant l’importance d’une feuille de route réaliste, priorisée et assortie de mécanismes d’évaluation afin de mesurer les progrès. Pour les autorités togolaises, l’efficacité d’un processus de paix ne se juge pas à la tenue de réunions, mais à l’amélioration des conditions de vie des populations : sécurité, mobilité, accès aux services sociaux et retour progressif à une vie économique normale.

Un test pour la diplomatie africaine

Cette réunion de Lomé se veut ainsi un moment de recentrage stratégique. Elle intervient dans un contexte où plusieurs capitales africaines souhaitent voir l’Union africaine jouer un rôle plus affirmé dans la résolution des crises régionales, avec des outils plus structurants, mieux coordonnés et plus transparents.

Si les conclusions de la rencontre n’ont pas encore été rendues publiques, les attentes sont élevées. Pour de nombreux acteurs, le succès du processus dépendra de la capacité des États et des institutions africaines à dépasser la logique des sommets symboliques au profit d’actions suivies et mesurables sur le terrain.

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN

 


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