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Lutte contre le VIH : le Kenya lance le lenacapavir, un traitement préventif injectable révolutionnaire

  • il y a 5 heures
  • 2 min de lecture


Le Kenya s’apprête à franchir un cap important dans la lutte contre le VIH avec l’introduction du lenacapavir, un traitement préventif injectable à longue durée d’action. À partir du mois de mars, quinze régions prioritaires bénéficieront de cette innovation médicale, dans un contexte sanitaire marqué par de fortes pressions et des enjeux géopolitiques sensibles.

Une avancée thérapeutique majeure

Le lenacapavir, développé par le laboratoire américain Gilead Sciences, n’est pas un vaccin mais un antirétroviral à action prolongée destiné à la prévention du VIH. Son efficacité, supérieure à 99,9 % selon les données disponibles, représente une avancée significative par rapport aux traitements préventifs oraux quotidiens.

Contrairement aux pilules classiques prises chaque jour, le lenacapavir ne nécessite que deux injections par an pour assurer une protection continue contre la transmission du virus. Un premier lot de 21 000 doses, acquis dans le cadre d’un partenariat entre Gilead Sciences et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, est déjà arrivé au Kenya.

Un déploiement ciblé

Le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, a annoncé que la phase initiale du programme concernera quinze régions où la prévalence du VIH est la plus élevée. Avec un taux national estimé à 3,7 %, le Kenya demeure l’un des pays les plus concernés en Afrique de l’Est.

Le pays rejoint ainsi un groupe restreint de neuf États africains, dont l’Afrique du Sud et la Zambie, sélectionnés pour déployer cette technologie innovante. Cette initiative intervient alors que l’Afrique orientale et australe concentre plus de la moitié des personnes vivant avec le VIH dans le monde, selon les dernières données de l’Onusida.

Des défis financiers et diplomatiques

L’introduction du lenacapavir intervient toutefois dans un environnement budgétaire et diplomatique délicat. La réduction de l’aide humanitaire américaine sous l’administration Trump a contraint Nairobi à revoir ses partenariats et à renforcer son autonomie financière en matière de santé publique.

Un accord bilatéral de 2,5 milliards de dollars a été conclu pour compenser le démantèlement progressif de l’USAID. Cet engagement prévoit une participation accrue du Kenya au financement de sa stratégie sanitaire. Toutefois, cet arrangement fait l’objet d’une contestation judiciaire portée par un sénateur kényan, qui invoque de possibles violations constitutionnelles.

Si ces incertitudes juridiques et financières persistent, elles pourraient influencer la durabilité du programme. Néanmoins, l’introduction du lenacapavir marque une étape décisive dans la stratégie nationale de prévention du VIH, et suscite un espoir renouvelé dans une région encore fortement touchée par l’épidémie.

 

Source : Afrik.Com

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN


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