Première session du « Conseil de la paix » à Washington : le Maroc et l’Égypte seuls représentants africains
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Réuni à Washington pour sa session inaugurale, le « Conseil de la paix » porté par Donald Trump a mis en lumière une configuration diplomatique singulière : parmi les pays africains, seuls le Maroc et l’Égypte ont pris part à la rencontre. Une participation limitée qui contraste avec l’absence remarquée de nombreuses démocraties occidentales et de la majorité des États du continent africain.
Une réunion au format restreint
Présentée comme fondatrice, cette première réunion s’est tenue dans un cadre volontairement resserré. Plusieurs grandes capitales européennes — notamment Paris, Berlin et Londres — n’ont pas répondu à l’invitation. Au sein de l’Union européenne, la participation est restée marginale, illustrant les réserves d’une partie des démocraties libérales face à une initiative perçue par certains observateurs comme parallèle aux mécanismes multilatéraux traditionnels, notamment ceux des Nations unies.
Cette configuration a nourri les interrogations sur la portée réelle du Conseil et sur son positionnement dans l’architecture diplomatique internationale.
Le Maroc et l’Égypte, exceptions africaines Côté africain, seuls Rabat et Le Caire étaient représentés. L’Égypte, partenaire stratégique de longue date des États-Unis, notamment sur le plan sécuritaire et militaire, s’inscrit dans une relation bilatérale ancienne avec Washington.
Le Maroc, pour sa part, était représenté par son ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, déjà présent lors de la phase initiale du projet. Cette participation s’inscrit dans la continuité du rapprochement diplomatique engagé ces dernières années entre Rabat, Washington et Tel-Aviv, notamment depuis la normalisation des relations entre le Maroc et Israël en 2020.
L’absence des autres États africains — qu’ils soient d’Afrique subsaharienne ou du Maghreb — souligne toutefois le caractère limité de l’adhésion continentale à cette initiative.
Une composition hétérogène
La liste des pays présents à Washington reflète une diversité de profils politiques et stratégiques. Outre le Maroc et l’Égypte, figuraient notamment l’Argentine, Bahreïn, la Bulgarie, les Émirats arabes unis, la Hongrie, l’Indonésie, Israël, la Jordanie, le Kazakhstan, la Mongolie, le Pakistan, le Paraguay, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Ouzbékistan.
Cette composition, mêlant alliés traditionnels des États-Unis et États aux trajectoires politiques variées, alimente les débats sur la nature du Conseil : initiative diplomatique alternative ou plateforme d’alliances politiques affinitaires.
Un choix stratégique pour Rabat
En participant à cette première session, le Maroc confirme son choix de consolider sa relation bilatérale avec Washington et de s’inscrire dans les dynamiques
diplomatiques impulsées par l’administration Trump. Ce positionnement s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats et de recherche d’appuis sur des dossiers jugés prioritaires par le royaume.
Toutefois, ce choix intervient dans un contexte international marqué par des recompositions géopolitiques et des équilibres évolutifs, notamment aux États-Unis et en Europe. Pour Rabat, comme pour les autres participants, l’enjeu sera de concilier ces engagements avec ses relations traditionnelles sur le continent africain et avec ses partenaires européens.
Cette première réunion du « Conseil de la paix » ouvre ainsi une séquence diplomatique dont la portée et la durabilité dépendront largement de son ancrage institutionnel et de sa capacité à s’inscrire dans les mécanismes internationaux existants.
Source : Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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