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Mali : la commande publique orientée vers la préférence nationale

  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

Le gouvernement malien franchit une nouvelle étape dans la promotion du « Consommer malien ». Dans une note adressée à l’ensemble des membres du gouvernement, le ministère de l’Économie et des Finances invite chaque département ministériel à consacrer 100 millions de FCFA de son budget 2026 à l’acquisition de produits fabriqués localement.

Signée par le ministre Alousséni Sanou, la correspondance formalise une orientation claire de la commande publique en faveur des Petites et Moyennes Entreprises (PME) de droit malien et de la production nationale. Cette décision s’inscrit dans l’application des mesures de soutien aux PME locales et des recommandations issues des Assises nationales de la Refondation (ANR), notamment le principe de promotion de la consommation des produits nationaux.

Dans le détail, les ministères sont appelés à privilégier le mobilier de fabrication locale, les denrées alimentaires issues de la production nationale — notamment le thé, les jus et boissons naturelles — ainsi que les produits sanitaires conçus au Mali. Les départements concernés devront inscrire formellement une enveloppe de 100 millions de FCFA dans leurs lignes budgétaires 2026 et transmettre les informations requises dans les délais fixés par le département des Finances.

Si cette directive est pleinement appliquée, plusieurs milliards de francs CFA pourraient être injectés dans le tissu économique national. La dépense publique deviendrait ainsi un instrument direct de soutien aux entreprises locales, dans un contexte marqué par la quête de souveraineté économique, la réduction de la dépendance aux importations et la consolidation de l’emploi.

Cette orientation marque une évolution notable par rapport aux pratiques antérieures, traditionnellement fondées sur une mise en concurrence ouverte conformément au Code

des marchés publics. Bien que des mécanismes de préférence nationale existent déjà dans le cadre réglementaire, aucun fléchage budgétaire uniforme n’avait jusqu’ici été imposé à l’ensemble des ministères.

Reste que la réussite de la mesure dépendra de la capacité des entreprises nationales à satisfaire aux exigences de qualité, de volume et de compétitivité. Le respect des principes de transparence et de concurrence, ainsi que le contrôle rigoureux des procédures et la certification des fournisseurs, seront déterminants pour prévenir toute distorsion ou concentration excessive des marchés.

 

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN

 


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