top of page

Mali : une feuille de route ambitieuse pour une Sécurité sociale solvable et crédible


« La Sécurité sociale doit rester solvable et crédible pour les citoyens. » Ce message fort a été au cœur de la cérémonie officielle de remise de la feuille de route au nouveau Directeur général de l’Institut national de la prévoyance sociale (INPS), tenue le 7 janvier 2026 au ministère de la Santé et du Développement social.

À cette occasion, la ministre de la Santé et du Développement social, le colonel-major Assa Badiallo Touré, a dressé un constat sans complaisance de l’état du système de protection sociale au Mali. Face aux profondes mutations économiques, sociales et démographiques que connaît le pays, elle a estimé que les anciens modes de fonctionnement ne sont plus adaptés aux défis actuels.

Un système sous pression

Les crises sécuritaires persistantes, la fragilité économique, la forte croissance démographique et l’expansion du secteur informel exercent une pression accrue sur les mécanismes de solidarité nationale. Dans ce contexte, l’INPS est appelé à jouer un rôle stratégique en tant que pilier de stabilité sociale, tout en garantissant la soutenabilité financière du système de prévoyance.

La nomination d’Idrissa Bakary Diarra à la tête de l’INPS, intervenue par décret le 26 novembre 2025, s’inscrit ainsi dans une dynamique de réforme et de réorganisation en profondeur de l’institution.

Réformer en profondeur pour assurer la viabilité du système

Au centre de la feuille de route remise au nouveau Directeur général figure l’application rigoureuse du Code de prévoyance sociale, adaptée aux réalités contemporaines. Pour les autorités, il ne s’agit plus uniquement d’assurer la gestion courante, mais de repenser l’ensemble du dispositif afin d’en améliorer la performance.

Parmi les priorités évoquées figurent la réduction des lenteurs administratives à travers la digitalisation des procédures, la maîtrise des dépenses, le renforcement de la prévention des risques professionnels ainsi que l’amélioration du recouvrement des cotisations. L’objectif est de bâtir un système plus efficace, plus accessible et plus équitable au bénéfice des assurés.

Couverture maladie universelle et inclusion sociale

La ministre a également mis l’accent sur le rôle déterminant de l’INPS dans la mise en œuvre de la Couverture maladie universelle (CMU). En tant qu’Organisme de gestion déléguée, l’INPS est appelé à renforcer la déclaration obligatoire des employeurs et l’immatriculation systématique des travailleurs.

L’extension de la protection sociale au secteur informel et au monde agricole, longtemps marginalisés, constitue également un axe majeur de la réforme. Les autorités attendent des propositions innovantes afin d’élargir la couverture sociale et de réduire les inégalités d’accès aux soins et aux prestations.

Alignement sur les normes régionales

La feuille de route prévoit par ailleurs l’alignement du système malien de prévoyance sociale sur les standards de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale (CIPRES). Cette harmonisation est perçue comme une condition essentielle pour renforcer la crédibilité, la transparence et la durabilité du dispositif.

Un engagement renouvelé de la direction de l’INPS

Prenant la parole, le nouveau Directeur général de l’INPS a réaffirmé l’engagement de l’institution à mettre en œuvre l’ensemble des orientations définies. Il a assuré que l’INPS entend jouer pleinement son rôle dans le développement social du pays, en étroite collaboration avec les partenaires sociaux et l’ensemble des parties prenantes.

La ministre a, pour sa part, appelé à une mobilisation collective, rappelant que les organismes de protection sociale constituent des acquis fondamentaux à préserver. Elle a annoncé la prochaine mise en place de contrats de performance au sein de son département, afin d’ancrer les réformes dans une dynamique durable.

Tenue en présence des responsables administratifs, des partenaires sociaux et des représentants syndicaux de l’INPS, cette cérémonie marque une étape déterminante pour l’avenir de la Sécurité sociale au Mali. Elle ouvre une phase décisive de réformes, dont l’efficacité sera désormais mesurée à l’aune des attentes et de la confiance des citoyens.

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN

 

 


Commentaires


sama-money-300 (1).jpg
bottom of page