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Maroc : le roi Mohammed VI lance une série de réformes face à la colère de la jeunesse du mouvement GenZ 212

le roi Mohammed VI
le roi Mohammed VI

Rabat, 21 octobre 2025 — Confronté à une contestation sociale d’une ampleur inédite, le Maroc tente de désamorcer la crise. Depuis plusieurs semaines, le mouvement GenZ 212, mené par une jeunesse urbaine et connectée, bouscule le paysage politique. En réponse, le roi Mohammed VI a annoncé, le 19 octobre, une série de réformes politiques et sociales ainsi qu’un budget sans précédent pour les secteurs de la santé et de l’éducation.

Une offensive politique présentée comme un tournant, mais perçue par nombre d’observateurs comme une manœuvre pour calmer la rue sans remettre en cause les fondements du pouvoir monarchique.

Des réformes politiques pour reconquérir une jeunesse désabusée

Selon un communiqué du cabinet royal, plusieurs projets de lois visent à « moderniser la vie publique » et à encourager la participation des jeunes. Parmi les mesures annoncées : la simplification des conditions de candidature électorale pour les moins de 35 ans et la prise en charge jusqu’à 75 % des frais de campagne. Le gouvernement promet également une réforme des partis politiques, axée sur la parité, la transparence financière et l’inclusion.

Mais derrière cette ouverture affichée, la méfiance demeure. Pour de nombreux jeunes Marocains, ces réformes relèvent davantage d’une stratégie de communication que d’un réel

changement structurel. Le mouvement GenZ 212, né sur les réseaux sociaux avant de s’étendre dans les rues, incarne cette fracture générationnelle : une jeunesse en quête de reconnaissance et de participation, face à un régime qu’elle juge déconnecté.

Un effort budgétaire massif pour les secteurs sociaux

Afin d’apaiser les tensions, Rabat a annoncé un budget historique de 140 milliards de dirhams destiné à la santé et à l’éducation dès 2026. Ce plan prévoit la création de 27 000 emplois dans ces deux secteurs, la mise en service de nouveaux centres hospitaliers universitaires à Agadir et Laâyoune, ainsi que la réhabilitation de 90 hôpitaux à travers le pays. En matière d’éducation, la réforme prévoit un accent renforcé sur l’enseignement préscolaire et le soutien à la scolarité.

Ces annonces, jugées nécessaires, arrivent toutefois après des années de sous-investissement et de gestion centralisée. Plusieurs experts rappellent que la réussite de ces réformes dépendra de leur mise en œuvre locale et de la lutte contre la corruption administrative, un mal structurel du système marocain.

Répression persistante et fracture générationnelle

Malgré le ton conciliant du palais, la répression judiciaire reste implacable. Le 15 octobre, dix-sept jeunes militants du collectif GenZ 212 ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 15 ans de prison pour des faits de vandalisme et de destruction de biens publics lors de manifestations à Aït Amira. Des verdicts dénoncés par plusieurs ONG comme une atteinte grave à la liberté d’expression et à la justice indépendante.

Le contraste entre les discours d’ouverture et la sévérité des sanctions alimente le scepticisme. Le régime semble vouloir réformer sans se transformer, écouter sans véritablement dialoguer. Dans un pays où plus de 50 % de la population a moins de 30 ans, cette contradiction pourrait accentuer la défiance d’une génération déjà convaincue que le changement viendra de la rue, et non du palais.

 

Source: Afrik.Com

Haoua Sangaré

 LETJIKAN

 

 


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