OMVS : à Nouakchott, les ministres tracent les contours d’un avenir durable pour le fleuve Sénégal
- Amadou Diallo
- il y a 19 heures
- 3 min de lecture

« L’OMVS ne gère plus seulement un fleuve, elle prépare l’avenir. » Cette déclaration, faite à l’ouverture de la 78ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), résume l’esprit des travaux engagés le vendredi 30 janvier 2026 à Nouakchott, en Mauritanie.
Réunis dans la capitale mauritanienne, les ministres des pays membres — Mauritanie, Mali, Sénégal et Guinée — se rencontrent à un moment stratégique pour cette organisation sous-régionale, confrontée à des défis croissants liés aux changements climatiques, à la production énergétique, à la navigation fluviale et à la gouvernance de ses structures.
Une organisation confrontée à des pressions climatiques et économiques
Les travaux s’ouvrent dans un contexte marqué par une variabilité hydrologique accrue du bassin du fleuve Sénégal, conséquence directe du dérèglement climatique. Cette instabilité affecte la gestion des barrages, la production d’énergie hydroélectrique, la sécurité de l’approvisionnement en eau ainsi que les activités agricoles, essentielles pour des millions de populations riveraines.
À ces contraintes naturelles s’ajoutent des enjeux structurels majeurs, notamment la modernisation des infrastructures, l’anticipation des besoins futurs en énergie, l’amélioration de la navigation sur le fleuve et le renforcement des mécanismes de gouvernance des sociétés d’exploitation relevant de l’OMVS.
Dans ce contexte, le Haut Commissaire de l’Organisation, Mohamed Abdel Vetah, a dressé le portrait d’une institution éprouvée mais résiliente, capable de poursuivre ses missions essentielles malgré un environnement international instable, marqué par des crises climatiques, économiques et géopolitiques.
Des acquis renforcés et une vision tournée vers l’innovation
Au fil des années, l’OMVS a consolidé sa crédibilité financière et développé des outils structurants en matière de résilience climatique. Des dispositifs de veille hydrologique, de gestion de crise et un référentiel scientifique sur la qualité des eaux ont été mis en place, parallèlement à des systèmes technologiques d’anticipation et d’évaluation des ressources disponibles.
L’Organisation mise également sur des projets intégrateurs, impliquant davantage les populations riveraines, les jeunes, les femmes, les chercheurs et le secteur privé, dans une dynamique de développement partagé à l’échelle du bassin.
Cette évolution traduit un changement de posture : au-delà de la gestion hydraulique, l’OMVS s’affirme désormais comme un acteur stratégique de planification et d’innovation, au service de l’intégration régionale.
Gouvernance et performance au cœur des débats
Président en exercice du Conseil des ministres de l’OMVS, le ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Mao Diané, a placé la gouvernance au centre des discussions. Selon lui, l’accélération des projets structurants passe par une clarification des rôles et responsabilités entre les organes de tutelle et les directions exécutives des sociétés de gestion.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer les normes modernes de gestion, d’aligner les pratiques sur les standards internationaux et d’améliorer la performance opérationnelle des infrastructures existantes. Une attention particulière a été accordée au projet stratégique de navigation sur le fleuve Sénégal, pour lequel une actualisation de la feuille de route s’impose.
Dans cette optique, le ministre a également plaidé pour une accélération des audits des sociétés de gestion, considérés comme un levier essentiel pour assurer la durabilité économique des infrastructures et la qualité des services rendus aux États membres et aux populations bénéficiaires.
Un rendez-vous décisif pour l’avenir du bassin
À Nouakchott, cette 78ᵉ session du Conseil des ministres apparaît ainsi comme un tournant décisif pour l’OMVS. Au-delà des constats, les États membres sont attendus sur des décisions concrètes visant à consolider la gouvernance, à accélérer les investissements et à préparer l’Organisation aux défis de demain.
L’enjeu est clair : faire du fleuve Sénégal non seulement une ressource partagée, mais un véritable levier de développement, de stabilité et d’intégration durable au service de l’ensemble de la sous-région.
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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