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Présidentielle 2026 : Donald Trump cible le Minnesota et la communauté somalienne


Aux États-Unis, l’immigration revient au premier plan du débat politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2026. Si le sujet n'est pas nouveau dans la stratégie de Donald Trump, l’ancien président républicain concentre désormais ses attaques sur un État précis : le Minnesota, où réside l’une des plus importantes communautés somaliennes du pays.

Pourtant, un élément rarement mentionné nuance les discours actuels : plus de 80 % des Somaliens installés dans le Minnesota sont citoyens américains.

Une stratégie électorale centrée sur l’identité

Depuis le début de l’année, Donald Trump a durci son langage autour de l’immigration. Les Somaliens du Minnesota, estimés à environ 80 000 Américains d’origine somalienne, deviennent la nouvelle cible des cercles conservateurs qui présentent la situation comme un « échec migratoire ».

Longtemps considéré comme un modèle d’accueil des réfugiés, le Minnesota est aujourd’hui utilisé comme symbole dans le récit sécuritaire du candidat républicain.

Ilhan Omar au centre de la controverse

Au cœur de cette offensive médiatico-politique se trouve Ilhan Omar, élue démocrate d’origine somalienne, naturalisée en 2000 et membre du Congrès depuis 2019. Elle représente l’aile progressiste du Parti démocrate et constitue une adversaire politique directe pour Donald Trump.

Ce dernier l’a accusée cette semaine de fraude aux aides publiques et « d’enrichissement suspect », affirmant que sa fortune atteindrait 44 millions de dollars. Des accusations catégoriquement rejetées par l’élue, qui dénonce une campagne de désinformation et attribue sa situation financière aux activités de son époux, consultant politique. Aucune procédure judiciaire n’est actuellement engagée contre elle.

Une affaire de fraude instrumentalisée

Trump appuie également son discours sur une affaire révélée en 2022 : un vaste détournement de subventions alimentaires pour enfants. Plusieurs associations avaient été mises en cause dans cette fraude évaluée à plusieurs centaines de millions de dollars.

Si les poursuites ciblent un nombre restreint de responsables, l’affaire est désormais utilisée dans le débat public pour dénoncer un supposé dysfonctionnement généralisé de la politique migratoire. Certains commentateurs conservateurs vont jusqu’à évoquer — sans preuves — des liens avec des groupes islamistes somaliens, des allégations démenties par le procureur en charge du dossier.

Arrestations et récupérations politiques

Dans ce contexte, le ministère de la Sécurité intérieure a annoncé l’inculpation de 98 personnes à Minneapolis, dont 85 d’origine somalienne, pour fraude présumée. Ces chiffres, largement relayés par la droite américaine, ont nourri une lecture communautaire du scandale, malgré l’absence de lien établi avec l’ensemble de la diaspora somalienne de l’État.

Parallèlement, les autorités locales ont suspendu certaines aides destinées à la petite enfance, entraînant des conséquences pour des familles sans rapport avec l’enquête, alimentant le sentiment d’une sanction collective implicite.

Une rhétorique qui dépasse le seul enjeu électoral

Les déclarations de Donald Trump ne relèvent plus seulement de la critique des politiques migratoires. En décembre, il avait qualifié la Somalie de « pays de merde » et ses ressortissants de « déchets », provoquant une vague d’indignation, y compris dans une partie de son propre camp républicain.

Ces propos, ajoutés à des menaces symboliques d’expulsion visant une élue américaine en exercice, inquiètent plusieurs observateurs et défenseurs des droits civiques, qui redoutent une normalisation des discours xénophobes au cours de la campagne.

Un avant-goût des tensions à venir

Au Minnesota, comme dans d’autres États, les communautés immigrées craignent un scénario similaire à celui de 2016, marqué par une montée des tensions identitaires.

Pour de nombreux analystes, la stratégie du camp Trump consiste à déplacer le centre du débat politique vers les enjeux identitaires, au moment où les questions économiques, sociales et institutionnelles occupent une place croissante dans l’agenda national.

Reste à déterminer si cette orientation renforcera la mobilisation de l’électorat conservateur ou si elle accentuera encore davantage la polarisation politique dans un pays déjà profondément divisé.

 

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN

 


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