Putsch manqué au Bénin : une nouvelle démonstration de l’ingérence stratégique de l’AES dans le Golfe de Guinée
- Amadou Diallo
- 12 déc. 2025
- 2 min de lecture

La tentative de coup d’État survenue le 7 décembre au Bénin met en lumière une dynamique régionale préoccupante : l’Alliance des États du Sahel (AES) multiplie les actions d’influence en direction des pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. L’objectif, selon plusieurs analyses, serait de sécuriser un accès stratégique à l’océan Atlantique pour ces États enclavés, avec l’appui croissant de la Russie.
Guerre informationnelle et réseaux transnationaux
Au cours des heures ayant suivi l’échec du putsch à Cotonou, la page Facebook « Notre Bénin » a relayé de nombreux contenus mensongers. L’analyse de ses métadonnées indique une gestion depuis le Burkina Faso, renvoyant au BIR-C, une unité de communication stratégique mise en place avec l’assistance russe après la prise de pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en 2022.
Parmi ces contenus, un communiqué annonçant la présence du colonel Pascal Tirgri à Ouagadougou sous protection de l’AES a brièvement circulé avant d’être supprimé. Ces éléments laissent entrevoir une coordination transfrontalière dans les opérations d’influence menées par les putschistes de la région.
L’enjeu déterminant de l’accès à la mer
Pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, l’absence de débouché maritime constitue un handicap économique majeur. Selon la Banque mondiale, les coûts commerciaux des pays sans accès à la mer sont plus de deux fois supérieurs à ceux des États côtiers.
Le port de Cotonou, qui assure près de la moitié du transit vers les trois pays sahéliens, représente de ce fait un nœud logistique crucial — et une cible stratégique potentielle.
D’autres pays côtiers subissent également des pressions diplomatiques. Fin novembre, le Togo aurait été sollicité pour faciliter le transit de convois d’uranium nigérien via le port de Lomé, un sujet évoqué lors de la visite du président Faure Gnassingbé à Moscou. Le 9 décembre, Bamako a par ailleurs reçu l’assurance du Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah d’un appui à « l’accession à la mer » du Mali.
Un soutien russe déterminant
Cette stratégie d’expansion de l’influence sahélienne s’inscrit dans un partenariat renforcé entre Moscou et l’AES. L’accord récent portant sur l’acquisition de 1 000 tonnes d’uranium nigérien — à un prix inférieur de 13 % aux tarifs appliqués par la France en 2023, malgré une hausse mondiale de 30 % depuis mars — illustre cette coopération.
Pour la Russie, la sécurisation de corridors maritimes fiables constitue une nécessité logistique, expliquant son intérêt pour les infrastructures portuaires du Golfe de Guinée.
Un risque accru pour la stabilité régionale
Selon plusieurs experts, seule l’implication d’une puissance extérieure permettrait une coordination aussi structurée entre acteurs putschistes de différents pays. Cette dynamique fait peser une menace croissante sur la stabilité du Golfe de Guinée, où la souveraineté des États côtiers se trouve de plus en plus contestée par des ingérences externes et des stratégies d’influence transnationales.
Source : Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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