RDC–Burundi : plus de 30 000 réfugiés congolais fuient les combats au Sud-Kivu en trois jours
- Amadou Diallo
- 13 déc. 2025
- 2 min de lecture

La recrudescence des violences dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a provoqué un afflux massif de réfugiés vers le Burundi. En l’espace de trois jours, plus de 30 000 Congolais ont franchi la frontière pour échapper aux combats qui s’intensifient dans la province du Sud-Kivu, illustrant l’aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire dans la région.
Selon les autorités burundaises, cet exode est directement lié à l’offensive du mouvement rebelle M23. Le ministre burundais des Relations extérieures, Édouard Bizimana, a indiqué mercredi 10 décembre 2025 que ces arrivées massives résultaient de « l’intensité des combats et de l’avancée du M23, appuyé par le Rwanda ». La majorité des réfugiés transitent par la province de Cibitoke, frontalière de l’est congolais, avant d’être pris en charge par les services humanitaires.
Ces nouveaux arrivants viennent s’ajouter aux quelque 120 000 réfugiés congolais déjà enregistrés au Burundi depuis le début de l’année 2025, accentuant la pression sur les capacités d’accueil du pays.
Le Sud-Kivu en proie à la violence
Sur le terrain, les témoignages des déplacés décrivent une situation dramatique. Dans le Sud-Kivu, l’offensive du M23 aurait fait plus de 400 victimes civiles, selon des sources
locales et régionales. Les violences, marquées par des affrontements armés et des exactions contre les populations, contraignent des familles entières à fuir à pied, parfois après plusieurs jours de marche dans des conditions éprouvantes.
Dans l’ouest du Burundi, notamment sur les hauteurs de Kansega, des camps de fortune ont été installés pour accueillir les réfugiés. Les survivants relatent aux équipes humanitaires les pertes humaines, les pillages et la peur permanente qui ont précipité leur départ. « Les civils demeurent les principales victimes de ces violences », a souligné le ministre burundais, appelant à une protection accrue des populations.
Un conflit persistant malgré les médiations
Fondé en 2012 par d’anciens militaires congolais dissidents, le M23 avait été défait en 2013 avant de reprendre les armes en 2022. Depuis, le groupe a conquis plusieurs localités stratégiques dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les combats se poursuivent actuellement dans plusieurs zones sensibles, notamment le territoire de Walikale et les hauts plateaux du Sud-Kivu.
Malgré les initiatives de médiation menées par des acteurs internationaux, dont le Qatar, les États-Unis et l’Union africaine, les hostilités se poursuivent. Un accord de paix et de coopération économique, qualifié d’« historique », a pourtant été signé récemment entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame. Toutefois, la situation sur le terrain, marquée par cet exode massif, témoigne de la fragilité persistante du cessez-le-feu et de la gravité de la crise humanitaire qui frappe l’est de la RDC.
Face à cette détérioration rapide, les organisations humanitaires alertent sur l’urgence d’une réponse coordonnée pour venir en aide aux réfugiés et prévenir une catastrophe humanitaire de plus grande ampleur dans la région des Grands Lacs.
Source : Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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