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RDC–Rwanda : des rapatriements volontaires d’ex-combattants FDLR s’accélèrent

Soixante personnes rapatriées en un mois. Derrière ce chiffre, un mouvement discret mais significatif est en cours à la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Mardi 27 janvier 2026, la Mission des Nations unies en RDC (MONUSCO) a escorté le retour volontaire de 34 ressortissants rwandais, dont 15 ex-combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et 19 membres de leurs familles.

Cette opération, coordonnée par la section Désarmement, démobilisation, réintégration et stabilisation (DDRS), s’inscrit dans une dynamique enclenchée depuis le début de l’année. En janvier, trois convois similaires ont permis le rapatriement de 60 personnes, illustrant une accélération des redditions volontaires dans l’est congolais.

Une démarche volontaire à portée régionale

Depuis Goma, point de départ des convois, la MONUSCO insiste sur le caractère volontaire de ces retours, résultat de discussions menées avec les combattants dans les zones périphériques du Nord-Kivu. Une fois la frontière franchie à la Grande Barrière, côté rwandais à Gisenyi, les autorités assurent la prise en charge et la réinsertion des ex-combattants et de leurs familles.

Selon la mission onusienne, cette stratégie graduelle commence à porter ses fruits. Depuis l’année dernière, près de 300 ex-combattants FDLR auraient quitté les maquis congolais, dans un contexte mêlant pressions militaires et incitations au désarmement.

Les FDLR, un héritage conflictuel pesant

Installées dans l’est de la RDC depuis le génocide de 1994 au Rwanda, les FDLR constituent un enjeu majeur des tensions régionales. Kigali considère le groupe comme une menace persistante, alors que Kinshasa doit gérer une multiplicité de groupes armés sur son territoire. La réduction progressive des effectifs FDLR est perçue comme un levier pour limiter les risques de confrontation entre les deux pays.

Cette orientation a été renforcée par l’accord de paix conclu à Washington en juin 2025, sous médiation américaine. Ce texte engage la RDC et le Rwanda à coordonner leurs efforts autour de la neutralisation des FDLR, en privilégiant les retours volontaires, tout en prévoyant des opérations militaires ciblées contre les combattants refusant de se rendre.

Un contexte sécuritaire encore instable

Malgré ces avancées, la situation dans le Nord-Kivu demeure préoccupante. Des affrontements se poursuivent entre les Forces armées congolaises (FARDC), les rebelles de l’AFC/M23 et divers groupes armés, notamment à Masisi, Rutshuru et Walikale. Dans plusieurs zones, des éléments FDLR restent actifs, compliquant les efforts de stabilisation.

Face à ces défis, la MONUSCO renforce ses actions non armées, parmi lesquelles le lancement récent d’une radio communautaire à Munigi, près de Goma, destinée à promouvoir le désarmement volontaire en diffusant des messages multilingues.

Entre avancées concrètes et prudence diplomatique

Pour les Nations unies, chaque rapatriement constitue une avancée symbolique dans un processus long et fragile. La diminution de la présence FDLR et la réintégration de leurs anciens membres peuvent contribuer à apaiser les tensions régionales. Néanmoins, de nombreux observateurs estiment qu’une paix durable passera aussi par des réformes profondes, notamment en matière de gouvernance locale, de lutte contre l’exploitation illégale des ressources et de réduction des rivalités régionales.

 

Dans ce contexte, le retour des ex-combattants apparaît comme une étape encourageante, mais encore insuffisante pour garantir une stabilité durable dans l’est de la RDC.

 

Source: Afrik.Com

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN



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