Sahara occidental : des négociations discrètes en Espagne et le rôle incontournable de l’Algérie
- Amadou Diallo
- il y a 55 minutes
- 3 min de lecture

Des discussions diplomatiques discrètes se déroulent actuellement en Espagne autour de l’avenir du Sahara occidental. Selon le média espagnol El Confidencial, ces échanges impliqueraient les principaux acteurs du dossier, alors que le Maroc met en avant un nouveau plan d’autonomie et que l’Algérie réaffirme sa position centrale dans toute perspective de règlement durable.
Ces tractations, menées loin des projecteurs, interviennent dans un contexte de regain d’activisme diplomatique autour de ce conflit de longue date, considéré par les Nations unies comme une question de décolonisation non résolue.
Madrid, de nouveau au cœur du jeu diplomatique
D’après plusieurs sources concordantes dans la presse espagnole, des discussions de haut niveau seraient en cours ou en phase préparatoire en Espagne. Autour de la table, ou en marge de ces échanges, figureraient le Maroc, l’Algérie, l’Espagne et le Front Polisario, avec la possibilité d’une implication indirecte d’autres partenaires internationaux.
Le choix de l’Espagne n’est pas anodin. Ancienne puissance administrante du territoire jusqu’en 1975, Madrid conserve un rôle symbolique et politique particulier dans le dossier, longtemps partagé entre ses responsabilités historiques, ses relations avec Rabat et ses équilibres internes. En facilitant ces discussions, l’Espagne semble chercher à se repositionner comme interface diplomatique sur un sujet d’une extrême sensibilité régionale.
Ces dynamiques s’inscrivent également dans un contexte international marqué par des initiatives diplomatiques parallèles, notamment les récentes visites de Massad Boulos à Alger, interprétées par certains observateurs comme une volonté de l’administration américaine de relancer le dossier en tenant compte de la position algérienne.
Le plan marocain face aux principes défendus par Alger
Dans ce cadre, le Maroc aurait présenté un nouveau document détaillant une proposition d’autonomie pour le Sahara occidental. Cette initiative, qui s’inscrit dans la continuité du plan marocain de 2007, prévoit une large autonomie locale sous souveraineté marocaine, avec des institutions régionales élues et des compétences élargies.
De son côté, l’Algérie, sans se prononcer sur le contenu précis du document, maintient une ligne constante : le Sahara occidental demeure, avant tout, une question de décolonisation relevant du droit international et des résolutions des Nations unies. Pour Alger, toute solution qui écarterait explicitement le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, y compris l’option de l’indépendance, ne saurait constituer un règlement légitime et durable.
Cette position n’exclut pas le dialogue. Les autorités algériennes se disent favorables à une reprise de négociations sérieuses, à condition qu’elles s’inscrivent dans un cadre multilatéral clair, sous l’égide de l’ONU, et qu’elles associent l’ensemble des parties concernées sans verrouiller à l’avance l’issue du processus.
L’Algérie, acteur pivot du processus politique
Reconnu par les Nations unies comme une partie essentielle du processus politique, le rôle de l’Algérie dépasse le simple soutien historique au Front Polisario. Alger se présente comme un acteur attaché au respect des principes fondateurs du droit international, notamment celui de l’autodétermination des peuples.
Dans un Maghreb marqué par de fortes tensions géopolitiques, l’Algérie défend une approche multilatérale, estimant que toute solution imposée ou résultant de rapports de force bilatéraux serait fragile et potentiellement déstabilisatrice à long terme. Cette posture lui confère une crédibilité particulière auprès de nombreux pays africains, latino-américains et au sein du Mouvement des non-alignés.
Une nouvelle séquence diplomatique sous conditions
Les discussions évoquées en Espagne ouvrent ainsi une nouvelle séquence diplomatique sur le dossier du Sahara occidental. Toutefois, une constante demeure : sans l’adhésion de l’Algérie à un cadre équilibré, conforme au droit international et aux résolutions onusiennes, aucun plan, aussi détaillé soit-il, ne pourra transformer un compromis politique en paix durable.
Dans un contexte où certaines capitales privilégient des accords rapides, Alger rappelle que la stabilité régionale repose avant tout sur la légitimité des solutions adoptées et sur le respect des règles internationales.
Source: Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








.jpg)












Commentaires