top of page

Tournée du ministre mauritanien de la Défense dans l’espace AES : entre rapprochement sécuritaire et persistance des interrogations

  • il y a 4 minutes
  • 2 min de lecture

Bamako, juin 2026 – La récente tournée du ministre mauritanien de la Défense, Hanana Ould Sidi, dans plusieurs pays du Sahel a relancé les débats sur l’évolution des relations entre la Mauritanie et les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Officiellement axée sur le renforcement de la coopération sécuritaire régionale, cette initiative intervient dans un contexte marqué par des défis

 

sécuritaires persistants et des relations parfois complexes entre Nouakchott et certains de ses voisins.

Le 15 juin, Hanana Ould Sidi a été reçu à Bamako par le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, au palais de Koulouba. Les échanges ont porté sur la lutte contre le terrorisme, la sécurité régionale et la coopération bilatérale. Le ministre mauritanien était également porteur d’un message du président Mohamed Ould Ghazouani à son homologue malien.

Après cette étape, la délégation mauritanienne s’est rendue à Niamey, où elle a rencontré le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, avant de poursuivre sa mission à Ouagadougou auprès du capitaine Ibrahim Traoré. La tournée s’est achevée à N’Djamena, avec une audience accordée par le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno.

Selon les autorités mauritaniennes, cette série de visites vise à renforcer les mécanismes de coopération sécuritaire dans la région et à favoriser une meilleure coordination entre les États confrontés aux menaces terroristes, dans un contexte marqué par la dissolution du G5 Sahel.

Un contexte de relations sensibles

Cette démarche intervient alors que les relations entre la Mauritanie et le Mali ont connu plusieurs périodes de tensions ces dernières années, notamment autour des questions sécuritaires et de la gestion des zones frontalières. Des accusations relayées dans certains milieux maliens ont parfois mis en cause Nouakchott concernant la présence de groupes armés dans les régions frontalières, des allégations que les autorités mauritaniennes ont toujours rejetées.

 

Par ailleurs, la position diplomatique de la Mauritanie, qui entretient des relations avec différents partenaires internationaux, notamment européens et africains, alimente régulièrement les débats sur son rôle dans les équilibres géopolitiques du Sahel.

Une stratégie diplomatique élargie

Au-delà des questions sécuritaires, la visite du ministre mauritanien au Tchad a également été l’occasion d’évoquer des dossiers de coopération diplomatique. Selon plusieurs sources, Nouakchott cherche notamment à mobiliser des soutiens en faveur de sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).

Cette démarche illustre la volonté de la Mauritanie de consolider son influence régionale tout en maintenant un dialogue avec différents partenaires internationaux.

Vers un nouveau chapitre des relations avec l’AES ?

La tournée de Hanana Ould Sidi apparaît comme un signal d’ouverture en direction des pays de l’AES, à un moment où les enjeux sécuritaires exigent davantage de coordination régionale. Toutefois, certains observateurs estiment que la consolidation de la confiance entre la Mauritanie et les États sahéliens dépendra avant tout d’actions concrètes et d’une coopération durable sur le terrain.

Si cette initiative marque une étape importante dans le dialogue régional, elle laisse encore ouvertes plusieurs interrogations sur la nature et la profondeur du rapprochement entre Nouakchott et les pays de l’Alliance des États du Sahel.

 

Source: Bamako bamada

 

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN



Commentaires


sama-money-300 (1).jpg
bottom of page