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Attaque contre des forains sur l’axe Bandiagara-Songho Acte de terrorisme ou de vengeance ?


Des forains en provenance du village de Songho pour le marché de Badiangara ont été la cible d'une attaque vendredi 3 décembre 2021. L'attaque selon nos sources a fait une trentaine de morts et des dizaines de blessés. Selon des sources, l'attaque serait un acte de représailles de bandits suite à un revers subi lors d'un affrontement avec les donzos quelques jours auparavant.

La région de Mopti en la proie depuis quelques années à une insécurité permanente. Les attaques terroristes ou de celles de bandits armés sont quotidiennes. Si au début c'est l'armée et les représentants administratifs de l'Etat qui étaient les cibles, depuis quelque temps tel n'est plus le cas. Nul n'est épargné. Forces de défense et de sécurité, représentants de l'Etat et même les populations civiles ne sont pas épargnées. Une situation favorisant l'émergence de groupes d'autodéfense dont les dozos.


A côté de ces milices, d'autres groupes bandits armés se sont émergés aussi. Si les groupes terroristes autrement appelés djihadistes combattent pour une idéologie, à savoir l'application de la charia (la loi de l'islam), les milices pour la défense de leurs communautés, par contre les bandits ne visent qu'à tirer des profits personnels à travers des actes de brigandages, de viols, de vols, de règlements de comptes, etc.

Aujourd'hui, la confusion est tellement grande qu'il est très difficile sinon impossible de dissocier les actes de banditisme du terrorisme car souvent ils produisent les mêmes effets de traumatisme des populations. Les actes de bandits armés sont fréquemment traités d'actes de terrorisme. Comme c'était le cas, selon une source, pour l'attaque survenue dans la nuit du mercredi 24 novembre 2021 à Bandiagara et qui a fait 4 morts. Selon cette source, cette attaque était plus qu'une attaque de bandits armés que terroristes.

Selon nos informations, les assaillants ont d'abord ouvert le feu sur le véhicule rempli des forains venant du village de Songho, en partance pour le marché de Bandiagara, tuant sur le coup le chauffeur. Après avoir assassiné le chauffeur, ils ont mis le feu au car avec les occupants dont la plupart ont péri vif. Les images de l'attaque sont vraiment atroces. On voit des femmes enceintes et d’autres allaitant leurs enfants calcinés dans le bus. On parle d'une trentaine de morts dont en majorité des femmes et des enfants. Les quelques rares survivants sont sortis avec des blessures graves. Une situation qui a beaucoup choqué l'opinion nationale.

Selon notre source, cette attaque ressemble plus à un acte de vengeance de la part des terroristes qui ont subi un sacré revers quelques jours avant lors d'un affrontement avec les dozos dans le même secteur.

« Ils ont l'habitude de se cacher au bord de la route pour attaquer tôt les véhicules qui passent. Il y a quelques jours avant l'attaque, les dozos ont repéré quelques éléments au bord de la route en train de préparer à attaquer les passants. Les dozos tendus un piège en ouvrant le feu sur eux avant de les inciter à les poursuivre jusque dans leur camp. Une fois à l'intérieur, ces derniers qui avaient quitté le camp et l'entourer, sont revenus à la charge en tuant beaucoup d'entre eux. Je pense que c'est en représailles de ce revers subi avec les dozos qu'ils se sont violemment et inconsciemment pris aux passagers de ce car. Et il faut s'attendre à d'autres attaques similaires si rien n'est fait », nous a confié notre source.

Cette attaque a précédé jeudi 2 décembre une autre dans le même secteur, qui a fait 2 morts dont le chauffeur d'une ONG qui est tombé juste avec l'attaque d'un car. En voulant dévier l'attaque et s'échapper, il a reçu des balles des assaillants qui ont mis fin à sa vie.

Face à la multiplication des attaques, des populations de la région ont organisé des marches et multiplier des appels pour inviter à plus d'actions pour la sécurité des populations de la région. C'est le manque d'actions adéquates et le silence des autorités face à cette insécurité grandissante. C'est pourquoi l'indignation fut très grande après l'attaque du vendredi. Au lieu de venir tôt pour exprimer la solidarité de l'Etat, le Gouverneur de la région ne s'est présenté que 24h après l'attaque. Beaucoup espérait sa présence sur les lieux le jour de l'attaque. Lorsqu'il est arrivé au village pour exprimer la compassion et la solidarité de l'Etat avec des vivres (sacs de mils) et une somme de 200.000fcfa pour les proches des victimes, les populations ont refusé les dons pour exprimer leur indignation face à la situation. Dans un communiqué en date du dimanche 5 décembre 2021, les forces vives de la région de Bandiagara annoncent qu'ils rentreront en désobéissance à partir du lundi 6 décembre 2021 et jusqu'à nouvel ordre pour exprimer leur indignation sur l'insécurité dans leur région. Cette désobéissance consistera selon le communiqué par la fermeture des services étatiques et non étatiques excepté les services de santé, de commerce et de transport.

Un deuil national de 3 jours décrété

Suite à l'attaque du vendredi 3 décembre, le Gouvernement a décrété 3 jours de deuil national à compter du dimanche 5 décembre, en hommage aux victimes sur toute l'étendue du territoire national.

M.Dolo

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