Municipales à Paris : Sarah Knafo tend la main à Rachida Dati, un rapprochement sous le signe du « paradoxe maghrébin »
- Amadou Diallo
- il y a 5 heures
- 3 min de lecture

Alors que la campagne pour les municipales de Paris 2026 s’intensifie, un rapprochement inédit se dessine à droite. Sarah Knafo (Reconquête), dont le début de campagne a été marqué par plusieurs polémiques, semble vouloir créer une alliance avec Rachida Dati, maire du 7ᵉ arrondissement. Au-delà de la stratégie électorale, cette dynamique met en lumière le parcours de deux femmes issues de familles marocaines, figures marquantes d’une droite parisienne en pleine recomposition.
Deux parcours, une alliance potentielle
Ce rapprochement illustre une ironie historique : deux femmes aux racines maghrébines pourraient jouer un rôle central dans la recomposition de la droite parisienne. Rachida Dati est la fille d’un maçon marocain et d’une mère algérienne, tandis que Sarah Knafo est née dans une famille juive marocaine originaire d’Essaouira.
Bien que leurs trajectoires politiques diffèrent, la candidate de Reconquête, créditée de 7 % des intentions de vote, espère peser sur le scrutin en cherchant un accord avec la maire du 7ᵉ arrondissement, stratégie qui comporte toutefois un risque politique important, sur fond de polémiques identitaires.
Le « paradoxe maghrébin » de la droite
Ce possible tandem met en évidence un paradoxe : l’ascendance marocaine de ces deux femmes coexiste avec des positions politiques qui peuvent heurter une partie de l’électorat issu de la diversité. Sarah Knafo, dont la famille a quitté le Maroc après la guerre des Six Jours en 1967, adopte une ligne ferme sur l’immigration, fidèle aux orientations d’Éric Zemmour.
L’opposition socialiste s’inquiète déjà de ce rapprochement : Emmanuel Grégoire (PS) dénonce une « alliance des droites extrêmes » visant à imposer « un projet raciste », craignant que Rachida Dati ne cède à l’influence de Reconquête pour remporter la mairie.
Un lancement de campagne chaotique
Le début de campagne de Sarah Knafo a été marqué par un incident numérique majeur. Son site participatif, « Paris à cœur ouvert », a rapidement été utilisé comme tribune pour des propos haineux, provoquant la saisie de la justice par le sénateur communiste Ian Brossat, qui dénonce un « déferlement de propos racistes et d’appels au meurtre », notamment contre les personnes sous OQTF.
Une faille de sécurité a également exposé les données personnelles de centaines de contributeurs, fragilisant la crédibilité de Knafo au moment où elle tente de séduire l’électorat conservateur de Dati. L’équipe de Reconquête parle de sabotage orchestré par « l’ultragauche ».
L’ombre du contentieux avec l’Algérie
La campagne de Knafo est également marquée par ses déclarations passées sur l’Algérie. En septembre 2024, l’État algérien avait porté plainte après que l’eurodéputée eut affirmé que la France versait « 800 millions d’euros par an » à Alger, chiffre incorrect. La justice française a classé l’affaire sans suite en octobre 2024, estimant qu’il s’agissait d’une erreur de rigueur, mais l’épisode souligne l’importance de la critique des relations franco-maghrébines dans son discours.
Un soutien médiatique stratégique
Sarah Knafo bénéficie d’un important relais médiatique via les chaînes de Vincent Bolloré, qui avaient soutenu Éric Zemmour en 2022. Sa présence récurrente sur CNews lui permet de renforcer sa visibilité auprès de l’électorat conservateur, et son image plus « libérale » que celle de Zemmour la positionne comme un visage possible de l’union des droites.
Reste à savoir si Rachida Dati, reconnue pour son sens politique aiguisé, acceptera cette proposition de rapprochement. Une alliance entre ces deux figures issues du Maghreb pourrait marquer un tournant dans la course à la mairie de Paris, symbolisant la recomposition de la droite autour de l’ordre, de l’identité et d’une stratégie électorale
inédite.
Source : Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








.jpg)












Commentaires