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Cameroun | Opinion – Jean Bruno Tagne : « La fin du mythe Biya »

  • il y a 10 heures
  • 2 min de lecture

Par Jean Bruno Tagne, journaliste

Des images du président camerounais Paul Biya, diffusées ces derniers jours sur les réseaux sociaux à l’occasion de la célébration de son 93ᵉ anniversaire, suscitent un vif débat au sein de l’opinion publique. Pour le journaliste Jean Bruno Tagne, ces séquences marquent « la fin d’un mythe » soigneusement construit au fil de plus de quatre décennies de pouvoir.

Dans ces vidéos largement partagées, le chef de l’État apparaît entouré de proches, de personnalités et d’enfants venus immortaliser l’événement à coups de photos et de

 selfies. L’auteur décrit un président semblant affaibli, parfois visiblement agacé par l’agitation ambiante, mais contraint de se prêter à l’exercice. Une mise en scène qu’il juge déstabilisante, voire indécente, au regard de la stature institutionnelle du personnage.

Jean Bruno Tagne établit un contraste saisissant entre ces images et la posture longtemps cultivée par Paul Biya : celle d’un dirigeant attaché à la discrétion, à la distance et à la maîtrise de son image publique. « Paul Biya est président 24 heures sur 24 », rappelle-t-il en citant un ancien élu local, pour illustrer le refus historique du chef de l’État de toute familiarité, y compris dans un cadre privé.

Après 43 ans au pouvoir, observe l’auteur, ce n’est que récemment que des images relevant de la sphère intime du président ont commencé à circuler. Il y voit le signe d’un affaiblissement du contrôle exercé jusque-là sur sa communication personnelle, voire une rupture avec la stratégie de réserve qui a longtemps entouré sa personne.

L’article s’interroge également sur la gestion de cette séquence médiatique. Si la célébration d’un anniversaire relève de la sphère privée, sa diffusion publique, même à des fins de communication politique, aurait pu, selon l’auteur, faire l’objet d’un encadrement plus rigoureux afin de préserver l’image du chef de l’État.

Au-delà des considérations politiques, Jean Bruno Tagne appelle à distinguer la critique du dirigeant — qu’il considère légitime dans toute démocratie — du regard porté sur l’homme. Sans occulter les débats liés à la longévité au pouvoir du président camerounais, il invite à une forme de retenue et de compassion face à ce qu’il présente comme une exposition inhabituelle et vulnérable d’un chef d’État.

Pour l’auteur, cette séquence marque symboliquement un tournant : celui d’un pouvoir dont l’image d’autorité et de mystère semble aujourd’hui fragilisée par la réalité du temps.

 

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN

 


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