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CAN : le passage à un rythme quadriennal rebat les cartes du football africain


Décédé le 8 août 2024, Issa Hayatou demeure l’une des figures les plus influentes de l’histoire du football africain. Artisan majeur de la modernisation de la Confédération africaine de football (CAF), il avait notamment fait de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), organisée tous les deux ans, un rendez-vous incontournable du calendrier sportif continental. Un an après sa disparition, une décision majeure de la CAF vient toutefois remettre en question cet héritage.

À la veille du coup d’envoi de la CAN TotalEnergies 2025, prévue au Maroc, la Confédération africaine de football a annoncé que la compétition phare du continent se tiendra désormais tous les quatre ans à partir de 2028. Une rupture historique qui met fin à plus de six décennies de périodicité biennale.

Un alignement sur les standards internationaux

Officiellement, cette réforme vise à harmoniser le calendrier africain avec celui de la FIFA et à répondre aux exigences croissantes des clubs européens, régulièrement critiques à l’égard de la CAN, organisée en pleine saison sportive. Le nouveau format quadriennal rapproche ainsi la compétition africaine de la Coupe du monde ou de l’Euro, tout en réduisant les conflits de calendrier et les tensions avec les employeurs des joueurs africains évoluant à l’étranger.

Pour la CAF, cette évolution doit également permettre une meilleure préparation des éditions futures, une amélioration de la qualité organisationnelle et une plus grande attractivité commerciale du tournoi.

Un héritage remis en question

Mais cette décision ne fait pas l’unanimité. Pour de nombreux observateurs, elle constitue un tournant symbolique, voire une remise en cause directe de la vision portée par Issa Hayatou. Sous sa présidence, la CAN bisannuelle était devenue un outil central de visibilité, de cohésion et de développement du football africain, offrant aux sélections nationales une scène régulière et fédératrice.

La fréquence élevée de la compétition permettait également à plusieurs générations de joueurs de vivre au moins une CAN au sommet de leur carrière, renforçant l’ancrage populaire du tournoi sur l’ensemble du continent.

Des conséquences sportives et économiques

Le passage à une CAN quadriennale aura des répercussions profondes sur l’écosystème du football africain. Sur le plan sportif, il réduira le nombre d’opportunités compétitives pour les sélections nationales. Sur le plan économique, il pourrait affecter les revenus générés par les fédérations, les diffuseurs et les pays hôtes, pour lesquels la CAN représente un levier majeur de visibilité et de retombées financières.

À l’inverse, les défenseurs de la réforme estiment qu’un événement plus rare gagnera en prestige et en valeur, à condition que la CAF parvienne à renforcer les compétitions intermédiaires et à structurer durablement les championnats locaux.

Un tournant pour le football africain

Au-delà du débat technique, cette décision marque un moment charnière pour le football africain. En tournant la page de la CAN bisannuelle, la CAF opère un choix stratégique aux implications profondes, à la fois sportives, économiques et politiques.

Pour certains, il s’agit d’une adaptation nécessaire à la mondialisation du football. Pour d’autres, d’un renoncement à une singularité africaine patiemment construite. Une chose est certaine : avec cette réforme, c’est une page de l’ère Hayatou qui se referme définitivement, redessinant l’avenir du football continental.

 

Source: Afrik-Inform. Com

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN

 





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