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Nigeria : des avions militaires américains atterrissent à Maiduguri, nouvelle étape dans la coopération sécuritaire avec Washington

  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

Des avions militaires américains ont atterri à Maiduguri, capitale de l’État de Borno, dans le nord-est du Nigeria,marquant une nouvelle phase dans la coopération sécuritaire entre Abuja et Washington. Ce déploiement, présenté comme progressif et limité à un rôle de soutien, vise à renforcer les capacités des forces nigérianes face à la persistance des violences djihadistes, notamment celles de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).

Selon des sources sécuritaires, trois appareils de l’armée américaine ont transporté une première rotation d’environ une centaine de militaires ainsi que du matériel logistique entre jeudi et dimanche. D’autres vols sont attendus dans les semaines à venir. Les autorités nigérianes insistent toutefois sur le caractère non offensif de cette présence étrangère, affirmant que les troupes américaines ne participeront pas directement aux combats.

Une mission d’appui et de formation

Le porte-parole du quartier général de la Défense nigériane a précisé que les militaires américains interviendront dans des fonctions de soutien, notamment en matière de planification opérationnelle, de coordination et de renseignement. Washington a également annoncé l’envoi prochain d’environ 200 instructeurs supplémentaires, chargés de former et de conseiller les forces locales.

L’objectif affiché est d’améliorer l’efficacité des opérations combinant frappes aériennes, collecte de renseignements et interventions terrestres, dans une région qui demeure l’épicentre de l’insurrection djihadiste au Nigeria.

Ce renforcement de la coopération fait suite à des échanges bilatéraux intensifiés à la fin de l’année 2025 entre le président nigérian Bola Tinubu et des responsables

 américains. Le chef du United States Africa Command (Africom), le général Dagvin R. M. Anderson, s’est récemment rendu à Abuja pour rencontrer les autorités sécuritaires et visiter des structures conjointes de renseignement.

Une menace persistante dans le nord-est

Depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009, le conflit dans le nord-est du Nigeria a causé des dizaines de milliers de morts et déplacé plus de deux millions de personnes, selon les estimations humanitaires. Bien que l’armée nigériane affirme avoir repris plusieurs bastions stratégiques, Boko Haram et l’ISWAP conservent une capacité d’action significative.

Les attaques contre les forces de sécurité, les embuscades, les enlèvements de civils et les sabotages d’infrastructures restent fréquents. Pour Washington, le renforcement des capacités locales est crucial afin de prévenir une extension de l’instabilité vers le golfe de Guinée, dans un contexte régional marqué par la dégradation sécuritaire au Sahel et la recomposition des partenariats militaires.

Des frappes américaines qui interrogent

Ce déploiement intervient après des frappes aériennes américaines menées fin 2025 dans l’État de Sokoto, dans le nord-ouest du pays. Autorisées par le président Donald Trump, ces opérations visaient des cibles présentées comme liées à des réseaux djihadistes. Si le Pentagone a qualifié ces frappes de « ciblées et limitées », elles ont ravivé les débats sur l’évolution du rôle militaire des États-Unis en Afrique de l’Ouest.

Officiellement, la stratégie américaine privilégie le partenariat, la formation et le soutien logistique plutôt qu’une implication directe dans les combats. Toutefois, la présence accrue de militaires américains dans la région suscite des interrogations sur la nature et la durée de cet engagement.

Divergences sur les violences communautaires

Les relations entre Abuja et Washington ont également été marquées par des désaccords sur l’analyse des violences communautaires au Nigeria. Les États-Unis ont classé le pays parmi les nations « particulièrement préoccupantes » en matière de liberté religieuse. Donald Trump a publiquement critiqué la gestion des attaques visant des communautés chrétiennes.

Les autorités nigérianes contestent cette lecture confessionnelle du conflit, soulignant que musulmans et chrétiens figurent parmi les victimes. Dans la région centrale dite de la Middle Belt, les affrontements opposent régulièrement agriculteurs sédentaires et éleveurs peuls, sur fond de tensions foncières, climatiques et sécuritaires.

Avec plus de 220 millions d’habitants et la première économie d’Afrique en termes de PIB, le Nigeria demeure un acteur clé de l’équilibre sécuritaire régional. Pour les États-Unis, soutenir Abuja s’inscrit dans une stratégie plus large visant à contenir l’expansion des groupes extrémistes dans une zone jugée stratégique.

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN




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