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Sécurité sociale 2026 : les députés alourdissent le déficit de près de 7 milliards d’euros



Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 sort affaibli de son passage à l’Assemblée nationale. Selon les calculs de Thibault Bazin, rapporteur général (LR) de la commission des Affaires sociales, les amendements adoptés par les députés creusent le déficit de 6,8 milliards d’euros.

« Nous passerions d’un déficit de 17,5 à près de 24,3 milliards d’euros », a résumé le rapporteur, mettant en évidence l’impact budgétaire des modifications apportées par les élus.

Des économies réduites, des recettes en baisse

Deux facteurs expliquent cette dégradation :

la diminution des économies prévues, amputées de 3,8 milliards d’euros ;

la réduction des recettes nouvelles, en baisse de 4,8 milliards.

En clair, les ajustements parlementaires ont affaibli les principaux leviers d’équilibre imaginés par le gouvernement.

Un transfert additionnel de 1,8 milliard d’euros de l’État vers la Sécurité sociale permet toutefois de contenir légèrement la dérive. L’exécutif a également accepté de compenser certaines exonérations ciblées de cotisations sociales pour un montant de 2,5 milliards d’euros.

Mais ces mesures positives sont en partie neutralisées par la suppression d’une disposition controversée : l’imposition des indemnités journalières des patients souffrant d’affections de longue durée (ALD). L’abandon de cette mesure prive la Sécurité sociale de 700 millions d’euros de recettes.

Le doublement des franchises médicales reste dans les prévisions

Le rapport de Thibault Bazin intègre toujours le doublement des franchises médicales, censé rapporter 2,3 milliards d’euros en 2026. Cette mesure, très impopulaire et rejetée

par une majorité de députés, ne peut cependant pas être supprimée par voie d’amendement, puisqu’elle relève du pouvoir réglementaire. Si le gouvernement renonçait à l’appliquer, le déficit se creuserait davantage.

Un congé de naissance anticipé jugé irréaliste

Autre source de tension : plusieurs députés souhaitent avancer à 2026 l’entrée en vigueur du nouveau congé supplémentaire de naissance, initialement prévue pour 2027. Mais pour la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), cette anticipation est « impossible à mettre en œuvre dans ces délais ».

Un texte alourdi avant son arrivée au Sénat

Après une première lecture houleuse à l’Assemblée nationale, le PLFSS, désormais plus coûteux, doit être examiné par le Sénat la semaine prochaine. Le gouvernement se retrouve face à un dilemme : préserver l’équilibre budgétaire ou accepter des concessions politiques, dans un climat social déjà tendu autour du financement du système de santé.

 

Source: Afrik.Com

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN


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