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Terrorisme : Libéré en échange de la libération de Soumaïla Cissé, il est repris et condamné


Inculpé pour actes de terrorisme, appartenance à un groupe de combat en relation avec une entreprise terroriste, détention d’arme et de munitions en relation avec une entreprise terroriste, Bassirou Ibrahim Larbi, natif de In Tifrika Wene (Téssit), marié et père de quatre enfants, a été condamné par la Cour d’assises spéciale. Alors qu’il avait été libéré en échange des otages dont Soumaïla Cissé.

Les faits se sont déroulés en mars 2020 dans le secteur de Dioro, commune de Gossi, cercle de Gourma Rharous au cours d’une opération de ratissage par la force Barkhane. Selon son dossier, il a été retrouvé en possession d’une arme de guerre de marque (PM AK47) et divers autres matériels: un gilet de combat, une baïonnette, 7 chargeurs, 16 cartouches et un téléphone portable.

Mis sous mandat de dépôt le 18 mai 2020, Bassirou Ibrahim Larby était parmi ceux qui ont été libérés lors des échanges pour la libération des otages dont feu Soumaïla Cissé faisait partie. Après avoir bénéficié une libération extrajudiciaire, il a été repris et mis de nouveau sous mandat de dépôt.

«Oui, je possédais une arme mais je n’étais affilié à aucun groupe terroriste. Je n’avais aucun lien avec le groupe Al Nosrat. J’étais membre du Ganda Izo. Je n’ai pas été pris avec l’arme par Barkhane, c’est après. Le procureur Aboubacar Sidiki Samaké, dans son réquisitoire, a tenté de rafraîchir la mémoire de Bassirou Ibrahim Larby, qui voulait nier en bloc les faits à la barre.

« Tu devais remettre l’arme aux éléments du Mnla qui avaient pris vos animaux.C’est ce que tu avais dit devant les premiers enquêteurs, est-ce que tu reconnais ces propos?», l’interroge le procureur. Et Bassirou Ibrahim Larby répond par l’affirmative.

« L’utilisation de ton téléphone par Orange Mali a permis d’avoir 7 contacts en relation avec le terrorisme et qui étaient recherchés par la justice. Est-ce que tu le confirmes?», poursuit le procureur. Et lui de répondre: «Oui ! »

«L’accusé a été mis sous mandat de dépôt le 18 mai 2020, libéré le 4 octobre 2020 lors des échanges pour libération de Soumaïla Cissé et repris le 11 juillet 2021.

L’accusé a nié les faits à la barre. Mais il a reconnu d’être en possession d’arme de guerre et de munitions. C’est un individu très dangereux. Il est poursuivi de nouveau pour pose et détention d’explosifs au niveau du 1er cabinet du pôle spécialisé. Le dossier est en instruction. Veuillez retenir coupable. Pas de circonstance atténuante », a-t-il demandé.

«Mon client a été d’une constance déconcertante. C’est son père qui était en contact avec le groupe d’auto-défenseGanda Izo qui n’est pas un groupe terroriste. Son arme est venue de ce groupe. En dehors de Ganda Izo, il n’a intégré aucun autre groupe. Le téléphone ne l’appartenait pas. Beaucoup de choses se sont passées dans le cadre des échanges pour la libération de Soumaïla», a plaidé Me Mohamed B Touré pour la défense.

Avant d’insister en disant que les vrais terroristes sont inaccessibles par l’armée malienne. Pour détention d’arme de guerre, il rejette en défendant qu’il fût membre de Ganda Izo, un mouvement reconnu par l’Etat.

En somme, l’accusé a été reconnu coupable et il n’a pas bénéficié de circonstance atténuante. Décision de la Cour: réclusion criminelle à perpétuité, deux millions d’amende. Arrêts civils: 100 000FCFA à titre de dommages et intérêts à l’Etat du Mali représenté par le contentieux de l’Etat.

Source/Le Tjikan par Moussa Sékou Diaby

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