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Tombouctou, entre colère et indignation Attention au syndrome du centre!


Depuis un moment des personnes sont abattues au coin des rues à Tombouctou, par des individus non identifiés, et qui disparaissent sans laisser de trace. «La communauté noire, principale cible de ces attaques, soupçonne la communauté blanche d’être à l’origine». Un amalgame qui s’installe peu à peu dans les esprits et qui risque de tourner à un conflit communautaire si les autorités ne prennent pas garde. Pour rappel, depuis les différentes rébellions, un précédent existe entre ces deux communautés qui ont toujours vécu ensemble. Attention au syndrome qui a fragilisé le centre du pays (conflit entre les communautés peulh et dogon), Tombouctou n’est pas à l’abri.

En effet, la dernière attaque date du mardi 7 décembre Aux environs de 19heures. Deux jeunes, Handane Goby Maiga âgé de 26 ans,fils de Goby Maiga et de Aguida Saloum ,coiffeur de son état ainsi que son client du nom de Bouri Bocar Maiga, ont été assassinés par 2 individus armés à bord d'un véhicule blanc Toyota pick-up non immatriculé, dans son salon de coiffure. Une énième situation qui a mis en colère les populations de la ville des 333 saints. Pire, selon une source locale.

Juste après leur enterrement, des individus ont ouverts une rafale sur un groupe de jeune qui se dirigeait vers le quartier Abaradiou. Bilan: 2 autres jeunes victimes, un garçon de 4 ans dont la balle a atteint à la figure, est décédé, et un autre jeune du nom de Abdoulaye Cissé dit ABOUL atteint aux cuisses, qui serait à l'hôpital de Tombouctou sous observation. D’après notre source, cette fois-ci les forces de sécurité ont pu mettre la main sur le véhicule blanc et les investigations continuent en attendant l'immobilisation des auteurs.

Attention à l’amalgame!

En effet, Selon certains, Abaradjou c’est le quartier où vivent les populations arabes et touaregs. Non!Il y a aussi des populations noires, les maures, dans ce quartier où dresse le monument de la paix. Un quartier qui est situé au nord de la ville. Il faut cesser l’amalgame, l’Etat doit s’assumer en mettant terme à cette insécurité qui mine cette partie du territoire national déjà fragilisée. Les populations de Tombouctou doivent cessez de s’entre tuer, les autorités locales dont celles des différentes communautés doivent s’investir afin que la situation n’atteigne le point du non retour.

Qu’elles se donnent la main, et aident les autorités administratives et les forces armées malienne à identifier les mauvaises graines qui sont parmi elles afin que justice soit rendue. La situation est alarmante. Il faut éviter les erreurs du passé. La cité des 333 saints est assise sur une brèche.

Pour une habitante de la localité, dans sa cité, c'est le ‘’dabridabri’’ ( les choses ambiguës )depuis la nuit des temps.

«On ne veut pas dire ni entendre la vérité. Les noirs payent pour leur position dans la rébellion. L'Etat malien ne les considère même pas. Il faut dire qu'il est difficile de considérer un éternel larbin». S’est-elle indigné.

Pour elle, ceux qui tirent sur les noirs à Tombouctou ne le font pas pour uniquement diviser. «La division est entérinée depuis longtemps dans cette ville. Il faut dépasser ce discours pour attaquer le problème de front pour avoir une solution définitive.

Que tous les autorités , les acteurs de la société civile de toutes les communautés jouent leurs rôles. Ce n'est pas plus normal de tuer froidement une personne après l'avoir braquée que de s'attaquer à des personnes de la communauté des présumés assassins». A-t-elle indiqué

C’est aux autorités de la transition d'en tirer les conséquences et agir rapidement. Il faut chercher les responsables, quelle que soit leur origine. Et les chefs des tribus communautaires doivent œuvrer pour cela aux côtés des autorités. Que les uns et les autres cessent d'allumer le feu en opposant les communautés les unes contre les autres. Il faut chercher les coupables de ces crimes crapuleux. Ne nous faites pas tomber dans le scénario de Mopti.

Ce que pense Hamadoun Bocar Kanfo de ce qui se passe à Tombouctou

En effet, Kanfo est natif de la localité et il est très inquiet du déroulement des récents événements dans la zone. Il exprime son inquiétude. Lisez!

«Un coiffeur et son client ont été tués hier mardi en début de soirée dans son atelier. Aucun mobile n’a été donné. Aujourd’hui, juste après l’attentat, les mêmes personnes se mettent à tirer sur le cortège funèbre. Résultat, un mort et des blessés.

Ceux qui ont commis les assassinats à Tombouctou hier et aujourd’hui ont des intentions très claires : pourrir la situation dans la ville et peut-être reprendre la rébellion.

Comprenez que l’objectif est de choquer. Choquer pour pousser l’armée à vouloir entrer dans le quartier d’Abaradjou d’où tout le monde sait que les assassins sont originaires. C’est la base arrière à tout. Ils sont tous armés là-bas et toute le monde le sait. Si par malheur l’armée intervenait dans le quartier, ils vont tout de suite se défendre et crier au « génocide » et bonjour la reprise…

Pour rappel, un congrès des rebelles se tient dans 2 jours à Ber, à quelques kilomètres de Tombouctou. Cela veut dire qu’ils ont toute leur logistique militaire là-bas car ils vont naturellement faire une démonstration de force. Attendez-vous à voir toute sorte d’images dans ce sens d’ici le week-end. Ils vont comme d’habitude filmer des colonnes de véhicules avec tout ce qu’ils ont comme armes. Ces mêmes arsenaux de guerre et de communication seront utilisés à Kidal dans quelques jours lors du congrès de la CMA.

L’armée française s’efface sur le terrain et en même temps perd de la crédibilité en Afrique de l’ouest. Elle ne peut pas continuer à les couvrir et si ça chauffe beaucoup, elle serait capable de les « abandonner en plein vol ».

Autre paramètre, pas des moindres, l’armée malienne se dote de matériels roulants, d’avions de combats et d’armements, en théorie pour combattre les terroristes. Les rebelles ne sont pas bêtes. Ils savent que si l’armée est forte, c’est fini pour leur « mangement », surtout avec une armée de l’air forte.

Ils n’ont jamais voulu l’arrivée de Choguel à la primature. Sa seule personne leur fait peur car il les connaît très bien. Au nord on se connaît tous très bien. Depuis que ce gouvernement est en place, les rebelles, même s’ils sont dans le gouvernement, n’ont pas l’esprit tranquille. Ils ont rencontré tous les acteurs, même l’ambassadeur de Russie. Affaire Wagner.... Ils veulent savoir dans quelle sauce ils seront mangés.

Les prochains jours seront décisifs. J'ose espérer que les événements feront de moi un menteur. Certains diront que je mets de l’huile sur le feu. Je dis simplement ce que je pense pour avertir».

A qui profite cette situation?

Cependant, d’autres sources indiques que les moudjahidines se réorganisent, suite au retrait des troupes françaises dans la zone. Ils auraient fait savoir leur intention dans une correspondance en arabe, publié le 29 novembre dernier, dans la quelle ils parlent de la création de trois régions dans le septentrion et au centre du pays. Une nouvelle région dénommé « la région de Kidal » qui comprendrait Tessalit et Abeybara, Tin Zawatin jusqu'à Ajelhok, et qui aurait comme gouverneur Abu Maryam Assidatty, et qui la gérerait selon ce qu'il voit de leur organisation dans sa région. Une autre région appelée « Larneb » , et qui aurait comme gouverneur, Abu Anas Al-Dhabari. Elle serait bordée par l'État de Kidal à l'est, la Mauritanie à l'ouest et la région de Tombouctou au sud. Et la dernière, la région de «Masina » pour inclure les régions de Mopti, Angoma, Sevare, Ségou et Houmbouri jusqu'aux frontières de la Wilayat de Tin Akuf à l'est, et le Mujahid Abu Hamza Al-Shanqeeti, serait nommé gouverneur. Il est dit également dans la correspondance, qu’après consultation de leur Cheikh Amadou Koufa, qui aurait décidé de reporter la discussion concernant ces régions jusqu'après le retrait total des forces françaises au Mali.

Certains estiment que c’est l’œuvre de la France afin de justifier leur présence dans le pays. Il faut juste rester sur ses gardes en maintenant la paix et la cohésion au sein de nos populations, d’œuvrer tous ensemble (civiles et militaires) afin de vaincre ce terrorisme qui continu de faire des victimes partout au Mali.

Affaire à suivre!

Moussa Sékou Diaby

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