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ARTP : une crise de gouvernance autour de 2,7 milliards de FCFA fragilise l’institution


Un montant de 2,7 milliards de francs CFA cristallise actuellement une crise interne à l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP). En toile de fond, un climat social dégradé et de profondes divergences entre la Direction générale et le Collège de régulation, qui paralysent le fonctionnement de l’institution.

Cette situation a été portée sur la place publique à la suite de questions écrites adressées au gouvernement par le député Guy Marius Sagna, lesquelles ont mis en lumière plusieurs pratiques aujourd’hui contestées au sein de l’organe de régulation.

Une gouvernance interne sous tension

Selon des informations rapportées par le quotidien L’AS, plusieurs agents de l’ARTP dénoncent une gouvernance jugée de plus en plus autoritaire depuis la prise de fonction du directeur général Dahirou Thiam. L’absence prolongée de délégué du personnel constitue l’un des principaux points de crispation. Le mandat du précédent représentant a expiré en juin dernier et, malgré l’annonce d’une élection en juillet, aucun nouveau calendrier n’a été communiqué.

Ce report prolongé alimente, en interne, des soupçons de volonté de contrôle du processus électoral et d’exclusion de certaines candidatures considérées comme critiques à l’égard de la direction.

Par ailleurs, des recrutements récents suscitent également des interrogations. Une dizaine de personnes auraient été engagées sans appel à candidatures ni procédure formalisée, parmi lesquelles figureraient des proches du directeur général, selon les mêmes sources.

Primes, avantages et malaise social

Le climat social est davantage fragilisé par la politique de rémunération. Des disparités notables dans l’attribution des primes sont évoquées : certains agents proches de la direction auraient perçu des bonus largement supérieurs à leur salaire de base, tandis que d’autres auraient reçu des montants jugés dérisoires.

Si ces faits étaient confirmés, ils iraient à l’encontre des principes de rigueur et de sobriété budgétaire prônés par les autorités, notamment dans le cadre du programme gouvernemental « Jub, Jubal, Jubanti », destiné à encadrer strictement les dépenses publiques.

Une autre controverse porte sur l’acquisition présumée d’un véhicule de luxe de type Toyota Land Cruiser V8, alors que les directives officielles privilégient les indemnités plafonnées et interdisent l’achat de véhicules de fonction.

Le blocage des 2,7 milliards de FCFA

Le principal point de discorde concerne toutefois une enveloppe de 2,7 milliards de FCFA, issue d’une licence accordée à la Senelec. Le différend oppose la Direction générale au Collège de régulation, composé de sept membres.

Le Collège refuse de valider le budget réaménagé intégrant ces fonds sans une approbation formelle du ministère des Finances, conformément aux règles de rationalisation budgétaire en vigueur. Ce refus a entraîné une montée des tensions, marquée par des accusations réciproques et une exposition médiatique visant le président du Collège, présenté par certains comme un obstacle au fonctionnement normal de l’institution.

Une institution à un tournan Face à la multiplication des interrogations, l’ARTP se retrouve à un moment charnière. Entre impératif de transparence, respect des règles budgétaires et nécessité de préserver la cohésion interne, l’issue de cette crise pourrait durablement impacter la gouvernance de l’autorité de régulation.

Les arbitrages attendus des autorités de tutelle, en particulier du ministère des Finances, devraient permettre de clarifier une situation qui dépasse désormais le cadre d’un simple désaccord administratif et engage la crédibilité même de l’institution.

 

Source : SenewebNews R-P

 

Haoua SANGARÉ

LETJIKAN

 


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