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Crise dans l’Est de la RDC : l’Union africaine exige l’application stricte des accords de paix

Face à la persistance des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), l’Union africaine durcit le ton. Son président en exercice, João Lourenço, a appelé à une mise en œuvre immédiate et sans équivoque des engagements déjà signés, estimant que « la paix ne se négocie pas indéfiniment, elle s’applique ».

Dans un message publié jeudi par la Présidence angolaise, le chef de l’État angolais a rappelé que les accords conclus à Washington et à Doha constituent aujourd’hui le principal socle politique et sécuritaire pour le règlement du conflit. Il a exhorté l’ensemble des parties concernées — autorités de la RDC, du Rwanda et coalition M23/AFC — à traduire leurs engagements en actes concrets sur le terrain.

Des accords au cœur de la stratégie de paix

Issus de médiations internationales, ces accords visent à mettre un terme à un conflit ancien, marqué par des cycles récurrents de violences armées, de déplacements massifs de populations et de fortes tensions régionales. Pour l’Union africaine, leur application rigoureuse est désormais incontournable afin de protéger les civils, restaurer un minimum de confiance entre les acteurs et prévenir toute nouvelle escalade.

João Lourenço insiste sur la responsabilité politique directe des signataires. Selon lui, toute violation ou retard dans l’exécution des engagements compromettrait les efforts de pacification et aggraverait la situation humanitaire d’une région déjà profondément fragilisée.

Luanda, au centre des consultations régionales

Cet appel intervient à l’issue d’une rencontre de travail à Luanda entre João Lourenço et le président congolais Félix Tshisekedi. Les deux chefs d’État ont fait le point sur l’évolution de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC et évalué les marges de manœuvre diplomatiques encore disponibles pour tenter de stabiliser la région.

D’après la Présidence angolaise, les échanges ont souligné l’importance de maintenir le dialogue politique, tout en évitant que les accords existants ne demeurent lettre morte.

 

Déjà engagée dans plusieurs initiatives de médiation régionale, l’Angola entend ainsi consolider son rôle d’acteur central dans le suivi et l’accompagnement du processus de paix.

Une urgence humanitaire persistante

Au-delà des discussions diplomatiques, la réalité sur le terrain reste préoccupante. Les populations de l’Est congolais continuent de faire face à l’insécurité chronique, aux déplacements forcés et à une précarité humanitaire aiguë. L’Union africaine lie désormais explicitement la crédibilité des processus de Washington et de Doha à leur capacité à produire des effets tangibles sur la vie quotidienne des civils.

La pression politique est donc montée d’un cran. Reste à savoir si cet appel solennel marquera un tournant dans l’application des accords ou s’il débouchera, à défaut, sur de nouvelles initiatives diplomatiques africaines dans les semaines à venir.

 

Haoua SANGARÉ

 LETJIKAN


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