Bamako : Douze écoles catholiques contraintes de fermer après la rupture d’une convention avec l’État
- Amadou Diallo
- 23 août 2025
- 2 min de lecture

Un coup dur frappe le système éducatif malien. L’archidiocèse de Bamako a annoncé la fermeture, pour l’année scolaire 2025-2026, de douze établissements privés catholiques, dont certains parmi les plus prestigieux du pays.
Sont concernés notamment le lycée Prosper Kamara, le lycée Notre Dame du Niger et le Cours Jeanne-d ’Arc, véritables références dans le paysage éducatif malien.
La fin d’une convention historique
À l’origine de cette décision : la dénonciation par le gouvernement de la Transition d’une convention signée en 1972. Cet accord prévoyait un financement mixte des salaires des enseignants — 80 % pris en charge par l’État et 20 % par l’Église. Grâce à ce mécanisme, les écoles catholiques pouvaient maintenir des frais de scolarité accessibles tout en offrant un enseignement de qualité reconnu au Mali comme à l’international.
Présentée par les autorités comme un « réajustement budgétaire », la fin de cette convention place l’archidiocèse dans l’incapacité d’assumer seul les charges salariales. Faute de ressources, les conseils de gestion ont décidé, fin juillet 2025, de licencier l’ensemble du personnel enseignant et de fermer temporairement les établissements.
Un millier d’élèves à recaser
Cette fermeture concerne plus de mille élèves, du primaire au secondaire, que l’État devra réorienter vers d’autres écoles publiques ou privées. Pour les familles, le choc est immense. « Ce n’est pas seulement un établissement qui ferme, c’est une tradition éducative qui disparaît », confie un parent d’élève du lycée Notre Dame du Niger.
Les enseignants licenciés s’inquiètent, quant à eux, de ne pas retrouver rapidement un emploi dans un secteur déjà saturé.
Un modèle de partenariat remis en cause
Au-delà des aspects financiers, la convention de 1972 symbolisait la reconnaissance du rôle particulier de l’enseignement catholique dans la formation de générations de Maliens. Ouverts à toutes les confessions, ces établissements ont longtemps incarné l’excellence académique et l’éducation civique.
Sa rupture remet en question tout un modèle de partenariat public-privé basé sur la complémentarité.
Vers de nouvelles pistes de financement ?
L’archidiocèse de Bamako se veut prudent mais ne désarme pas. Il explore désormais des partenariats locaux et internationaux pour tenter de sauver ce pan essentiel de l’éducation nationale. « Nous espérons que ce n’est qu’une pause, pas un renoncement », souligne un membre du conseil épiscopal.
Haoua Sangaré
LETJIKAN








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