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Chronique/Révolté d’un jour : L’Adema-Pasj propose une nouvelle ère !!!


Lorsque les membres d’une grande famille se réunissent pour parler de l’avenir du foyer dans un prisme du passé, c’est le début d’une prise de conscience qui aboutira sûrement à la prospérité de l’ensemble de la communauté. Voilà en suspens l’exercice que le Mouvement démocratique s’était assigné le samedi 02 avril 2022, veille du mois béni de Ramadan, à Dougouba. Calcul politique ou simple coïncidence ? Hasard du temps, m’a-t-on dit !

Intitulée « Panel de haut niveau des acteurs du 26 mars 1991 : 31 ans d’exercice démocratique, où en sommes-nous ? », cette rencontre qui s’est déroulée au CICB a regroupé toute une brochette d’hommes et de femmes politiques qui ont, chacun, joué un rôle plus ou moins déterminant dans l’avènement du pluralisme politique à Dougouba. Véritables cours magistraux d’histoire sur l’avènement de la démocratie à Dougouba, cette initiative de l’Adema-Pasj nous a fait replonger dans les méandres de ce qui s’est passé fin 1990-début 1991 au Mali.

Mouvements estudiantins, associatifs et politiques, rien n’a été omis durant cette rencontre des acteurs démocratiques. Inutile de préciser que les débats ont été parfois houleux. Dans un format de prise de parole publique, l’on assista à un ballet de responsables politiques qui se sont succédé à la tribune, rivalisant en témoignage plus ou moins acerbes les uns contre les autres.

Comme en période de guerre froide, deux blocs se sont livrés à une sorte de passe d’arme, les uns défendant les acquis de la démocratie, les autres évoquant un échec, voire une sorte de trahison des idéaux qui ont motivé les événements du 26 mars 1991. Le bloc des « satisfaits » était composé naturellement par d’anciens et actuels responsables de l’Adema-Pasj, notamment Pr Ali Nouhoum Diallo, Pr Tiémoko Sangaré, Mme Sy Kadiatou Sow qui avaidnt en face ceux dits des « non-satisfaits », avec à leur tête Soumana Sako, Djiguiba Keïta « PPR », Dr Oumar Mariko et autre Tiébilé Dramé, pour ne citer que ceux-là.

Pour le bloc des « satisfaits », la démocratie a été une réussite totale au Mali. Certes, ils ont reconnu quelques imperfections qui, soutiennent la plupart des intervenants, résultent du caractère juvénile et de l’inexpérience dont souffraient les différents acteurs dans ce nouveau mode de gestion publique après 23 ans de dictature sans partage. Le pluralisme politique, la liberté d’expression, la nouvelle refondation de gestion publique sont autant d’acquis du Mouvement démocratique qu’il faut saluer.

Seulement voilà ; la réussite serait totale si les maux qui ont provoqué la chute du régime du Parti unique n’avaient pas subsisté jusqu’à aujourd’hui. La corruption, le népotisme, la gabegie, la course au gain facile, l’incivisme, les détournements de deniers publics ont performé sous l’ère démocratique, soutiennent les « non-satisfaits ». Difficile d’en dire autrement au regard des nombreux dossiers de corruption pendant devant les juridictions d’État.

Ce panel de haut niveau des acteurs du 26 mars 1991 était une belle occasion de faire une rétrospective et d’inviter toute la classe politique et autres acteurs de la vie publique de faire une autocritique en vue de parvenir à une nouvelle vision de gestion du pays pour un avenir meilleur. Objectif atteint ? Difficile de le dire. En tout cas, l’on est tenté de noter une volonté réelle des acteurs du Mouvement démocratique de changer de fusil d’épaule dans un futur proche en vue d’un rassemblement pour le Mali. Tous sont unanimes de la nécessité de s’unir pour relever les défis du moment. L’initiative de l’Adema-Pasj entend faire table rase de toutes ses erreurs et repartir sur de nouvelles bases. Dr Adama Tiémoko Diarra, ancien ministre et ancien secrétaire politique de l’Adema-Pasj s’inscrit déjà dans cette dynamique, prenant en son compte une citation de Socrate : « La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé ». Et de paraphraser le roi du Dahomey, il conclut : « Si tous les fils du royaume venaient par leurs mains unies boucher le trou de la jarre percée, le royaume serait sauvé ».

Vivement la promotion de cette idéologie de rassemblement de tous les acteurs du Mouvement démocratique.

Très bon mois de ramadan à toutes et à tous et à mercredi prochain, inch’Allah

Lassine M’Boua DIARRA, source Le Tjikan

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