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Colonel Souleymane Dembélé sur la situation de Mourrah «Parce qu’on est entrain de prendre notre...


Ce jeudi 7 avril,le colonel Souleymane Dembélé, directeur de l'information et des relations publiques des armées (Dirpa), a réagi aux allégations d’exécutions sommaires de civils lors d’une opération des Forces armées malienne (FAMa) à Mourrah. C’était à la faveur d’une conférence de presse tenue dans les locaux de la Dirpa.

«Qui ne se souvient pas de la pression exercée sur nos propres paysans dans la zone office du Niger? La vérité, c’est que ces paisibles citoyens se réjouissent de cette intervention. Si les médias internationaux font des témoignages que les FAMa auraient commis des exactions contre des civils, des exécutions extrajudiciaires, nous avons aussi de notre côté des témoignages sur le professionnalisme des FAMa sur le terrain. Ceux qui ne sont pas impliqués dans le terrorisme se réjouissent beaucoup. Nous n’allons pas failli à notre mission. Les FAMa conduisent plus d’une dizaine d’opérations à travers le pays», a précisé le colonel Dembélé.

D’après lui, il est difficile de comprendre que des organisations internationales, pour des buts inavoués, s’adonnent à jeter l’opprobre sur les forces armées maliennes. Cela, malgré les nombreux témoignages des habitants en faveur de l’armée.L’administration dément les accusations portée contre les FAMa. «HumanRights Watch, ainsi que les sources engagées, affirment que du 27 au 1er avril, entre 200 et 400 civils ont été tués par les FAMa. C’est du faux! Ce sont des allégations sans fondement », a-t-il martelé.

En attendant la fin d’une enquête ouverte par le parquet du tribunal militaire de la région de Mopti, laDirpa a jugé nécessaire d’apporter des précisions sur ce qui s’est passé à Mourrah.« Parce qu’on est en train de prendre notre destin en main qu’on essaye de couper l’herbe sous nos pieds...», a dénoncé le colonel Dembélé.

Qu’est-ce qui s’est passé à Mourrah?

Selon le patron de la Dirpa, depuis très longtemps, Mourrah vivait sous les emprises des groupes terroristes. C’était un sanctuaire des terroristes, notamment des éléments des 4 groupes terroristes qui composent le Gsim, dont la Katiba de Macina, dirigée par Amadou Koufa, et celle conduite par Iyad Agaly. Ils martyrisaient les paisibles populations. Après leur forfait, ces terroristes venaient se cacher à Mourrah. Car c’est une zone difficile d’accès par l'armée avec ses moyens classiques. Du coup, la population locale s'accommodait avec la vie imposée par ces terroristes qui font des exactions en touteconfiance. La population se soumettait à leur loi : versement de rançons, viol des femmes, enlèvement d'animaux, vol et brigandage des forains. Ces groupes terroristes opèrent de l’Adrar des Ifoghas jusqu’au boucle de Baoulé.

En effet, selon les explications de Dembélé, Mourrah est un village de la commune rurale de Tonkoro, situé au bord du fleuve Niger, dans le cercle de Djenné, région de Mopti. Il est situé à 17 km de Kouakrou et à 63km de la ville de Djenné. Il compte 7827 habitants, selon le dernier recensement. Ils sont majoritairement peulhs et bozos. Pendant l’opération de Mourrah, dans le cadre du suivi de l’opération des groupes armés terroristes, les services de renseignements ont établi des échanges téléphoniques entre plusieurs chefs de groupes terroristes faisant état d’une rencontre des cadres le 20 mars dans la même localité. Cette rencontre avait comme objectif de voir comment financer le groupe Katiba de Macina, en difficulté financière, et comment renforcer les liens entre les différents groupes? Ils étaient en cours de financement, car ça faisait longtemps qu’Iyad Agaly n’envoyait plus de financement. Ils se sont mis d’accord pour le vol de bétail des citoyens et la collecte de zakat. À l’issue de la rencontre du 20 mars, ils se sont donné encore rendez-vous le 27 mars à Mourrah, un jour de foire hebdomadaire de cette localité. Et cette rencontre devait être présidée par Amadou Koufa et, il était prévu qu’ils se rencontrent de 11h à 13h. Malheureusement,les FAMa n’ont pas pu mettre la main sur tout le monde, certains terroristes se sont échappés.

Le professionnalisme des FAMa salué

«Pour ne pas faire de dégât collatéraux, les FAMa ont encerclé le village. Les 4 entrées bouclées, il fallait intervenir avec promptitude.Alors, des consignes ont été données à chaque groupe pour identifier les terroristes au sein des populations.La population a été filtrée. Ils ont été isolés, ceux qui ont accepté de se livrer ont été interpellés et ceux qui ont engagé des combats ont été tués», a-t-il expliqué. D’après lui, ils ont envoyé des drones et avions ISR. Les renseignements ont permis de savoir qu’il y avait trois rencontres prévues.D’abord une entre les leaders, une autre entre les chefs de troupes et une dernière entre les jeunes», a-t-il indiqué.

Cependant, force est de reconnaître que l'acquisition des moyens aériens a joué un rôle majeur dans cette opération. Comme c’est une zone difficile d’accès, sans être repérés, l’opération a été aéroportée. Il y a eu trois groupes de combat transportés par les hélicoptères.Ce sont tous des éléments des FAMa, pas de force étrangère. Le premier groupe a intervenu au Sud. Ils ont engagé de violents combats au cours desquels des éléments des FAMa ont perdu la vie, il y a eu aussi des blessés.

À ses dires, les terroristes ont été surpris notamment par les attaques ariennes venues en appui. D’où des morts calcinés car, selon lui, ils étaient soit à côté des entrepôts soit à côté des explosifs.

«Le ratissage a continué durant toute la journée et jours suivants. 145 terroristes abattus le 27 mars au cours du combat. Des corps ont été vus en brousse parce qu’il y a eu des renforts de chaque côté. Les ennemis ont été pris à partie. Le 28 mars, il y a eu 37 terroristes neutralisés et 23 interpellés. Le 29 mars, il y a eu 21 terroristes neutralisés et 28 interpellés. Le 30 mars, le ratissage a pris fin avec l’interpellation de 51 présumés terroristes qu’on a transportés par hélicoptères pour les mettre à la disposition de la gendarmerie. Le 31 mars, les FAMa ont quitté à 10h », a-t-il conclu.

Moussa Sékou Diaby

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