Coopération régionale : le Tchad et le Burkina Faso scellent un partenariat stratégique dans le secteur minier.
- Amadou Diallo
- 27 juil. 2025
- 2 min de lecture

Une dynamique nouvelle se dessine dans l’espace sahélien, où les États multiplient les initiatives d’intégration régionale. À la mi-juillet 2025, le Tchad et le Burkina Faso ont franchi un cap important en signant un accord de coopération dans le domaine minier. L’objectif : mutualiser leurs efforts pour attirer davantage d’investissements, partager les expertises et exploiter de manière plus rationnelle leurs ressources naturelles.
Cet accord s’inscrit dans une volonté affirmée des deux pays de construire des partenariats solides à l’échelle régionale, tout en créant un environnement propice à la croissance économique et au développement durable — au-delà même de leurs frontières, en faveur de l’Afrique de l’Ouest dans son ensemble.
Vers une architecture régionale souveraine
Cette collaboration s’inscrit dans une tendance de fond observée sur le continent africain : le renforcement des mécanismes de coopération entre États africains, en marge — voire en rupture — des partenariats traditionnels avec les puissances occidentales, notamment la France et les États-Unis.
Un exemple emblématique de cette dynamique est la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), formée par le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Cette entité régionale, née dans le sillage de la dégradation des relations avec les anciennes puissances coloniales, incarne une volonté de bâtir un socle de souveraineté politique, économique et sécuritaire.
L’AES s’est dotée d’une vision stratégique claire : mutualisation des forces armées, coordination renforcée contre le terrorisme, projets conjoints dans les secteurs juridique, économique et migratoire. Parmi ses réalisations notables figurent l’instauration d’un passeport et d’un visa communs, la mise en place d’un tribunal régional pour les affaires civiles et pénales, ainsi qu’un projet de monnaie unique. Le tout sous la bannière d’un slogan fort : « Un espace, un peuple, un destin ».
Vers une extension de l’Alliance ?
Le modèle AES suscite un intérêt croissant auprès d’autres pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Le Tchad, en particulier, entretient déjà des liens stratégiques avec les membres fondateurs. Les visites officielles, forums conjoints et exercices militaires communs témoignent de cette proximité politique et sécuritaire.
Le Tchad est perçu comme un partenaire clé dans la construction d’un espace régional indépendant et résilient, au regard de sa situation géographique, de ses défis sécuritaires partagés et de son histoire commune avec les membres de l’AES. Son adhésion éventuelle à l’Alliance constituerait un tournant décisif dans la consolidation de cet espace d’intégration.
L’émergence d’un modèle africain endogène
Cette recomposition géopolitique régionale répond à des désillusions face aux approches occidentales jugées inefficaces, voire contre-productives, notamment en matière de lutte contre le terrorisme et de développement. À l’opposé des partenariats asymétriques avec les puissances extérieures, les nouvelles formes de coopération intra-africaines se fondent sur des intérêts communs, une solidarité régionale et un ancrage culturel et historique partagé.
En misant sur une intégration politique et économique fondée sur des réalités locales, les pays africains tracent les contours d’une nouvelle voie : celle d’une souveraineté retrouvée, d’un développement durable maîtrisé et d’une sécurité collective construite de l’intérieur.
Source Bamako Bamada
Haoua Sangaré
LETJIKAN








.jpg)












Commentaires