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Culture : Simbo, un titre honorifique chez les Dozos



«Simbo» est un des chants les plus célèbres de la tradition classique du Mandé. On connaît cet air aussi sous le titre de « L'Hymne à l'Arc ». À l'origine, le « Simbo » est le sifflet du chasseur. Par métonymie, il a fini par désigner le chasseur lui-même, puis le « chasseur » par excellence, Soundjata.

À cette association d'idées, une autre cause légendaire peut être évoquée : en effet, le « simbo » (ou « soumbo ») reste attaché à la figure légendaire de Mamady Kani [Konaté] dit Kanimany (ou Kanimané), roi originel du Manding naissant. La légende veut qu'il ait été le fils de Bilal, esclave noir du prophète Mohamed. Ce même Bila(h)l(i) serait devenu par la suite, grâce à sa voix particulièrement belle, le premier muezzin de l'Islam.(1)

Très grand chasseur et guérisseur, il inventa ce sifflet de chasse particulier à l'aide duquel il entrait en communication avec les génies de la brousse.

Roi expansionniste, on suppose qu'il étendit le royaume naissant du Mali du Sankarani jusqu'au Bouré, obtenant ainsi pour le Manding le contrôle des mines d'or.

L'historien Djibril TamsirNiane nous précise :

« MamadiKani selon la tradition fut un grand amateur de chasse, ainsi que ses fils ; il fit le pèlerinage à la Mecque et fut pillé par des brigands sur le chemin du retour ; il s'égare dans le désert et revint au Manding quand on ne l'attendait plus. Il est le premier prince à propos de qui on parle de pèlerinage, je ne suis pas loin de l'identifier avec Baramandana qui fit le pèlerinage en 1050 (cf. Al Bekri. Description de l'Afrique Septentrionale). Après le pèlerinage il aurait sans doute pris le nom de Mohammed qui se dit Mamadi en Malinké. »

Source : Djibril Tamsir Niane, Recherches sur l'Empire du Mali au Moyen Age, N° 1, janvier 1959.

Kanimany eut trois fils, devenus trois chasseurs légendaires du Mandingue - souvent évoqués dans les chants panégyriques, Lawali Simbo (dit aussi « Bamari Tanyongon Simbo »), Kaninyongo Simbo, et Kani Simbo qui s'établirent dans la région de Farakoro au Mandé. (1)

À noter que selon les versions du chant, le nombre de ses fils célèbres varie de trois à quatre (alors est évoqué Furugnyongon Simbo) mais le nombre de trois apparaît plus souvent.

Parmi ces trois fils, seul Kaninyongo Simbo lui succéda - après la dispute sur l'or et les héritages entre les frères qu'il régla. Cependant, d'autres traditions - dont celle rapportée par Djeli Mamadou Kouyaté, le narrateur de D.T. Niane, Soundjata ou l'épopée mandingue - affirment que c'est Lawali Simbo (dit "Bamari Tanyongon Simbo") qui aurait succédé à son père sur le trône.

Quoiqu'il en soit, trois générations plus tard, le descendant de Kanimany se nommait Naré Maghan Kon Fata Konaté, dit Frakro Maghan Keïgni (Maghan de Frakro « le Bel »), père de Soundjata. Voilà pourquoi, «l'Hymne à l'Arc» est proche de l'air «Sundjata [faassa] », puisque de fait, « L'Hymne à l'Arc » inclut très souvent au moins une partie du panégyrique (« faassa ») de l'unificateur du Manden.

Source: Momo CI

«Simbo» est un des chants les plus célèbres de la tradition classique du Mandé. On connaît cet air aussi sous le titre de « L'Hymne à l'Arc ». À l'origine, le « Simbo » est le sifflet du chasseur. Par métonymie, il a fini par désigner le chasseur lui-même, puis le « chasseur » par excellence, Soundjata.

À cette association d'idées, une autre cause légendaire peut être évoquée : en effet, le « simbo » (ou « soumbo ») reste attaché à la figure légendaire de Mamady Kani [Konaté] dit Kanimany (ou Kanimané), roi originel du Manding naissant. La légende veut qu'il ait été le fils de Bilal, esclave noir du prophète Mohamed. Ce même Bila(h)l(i) serait devenu par la suite, grâce à sa voix particulièrement belle, le premier muezzin de l'Islam.(1)

Très grand chasseur et guérisseur, il inventa ce sifflet de chasse particulier à l'aide duquel il entrait en communication avec les génies de la brousse.

Roi expansionniste, on suppose qu'il étendit le royaume naissant du Mali du Sankarani jusqu'au Bouré, obtenant ainsi pour le Manding le contrôle des mines d'or.

L'historien Djibril Tamsir Niane nous précise :

« Mamadi Kani selon la tradition fut un grand amateur de chasse, ainsi que ses fils ; il fit le pèlerinage à la Mecque et fut pillé par des brigands sur le chemin du retour ; il s'égare dans le désert et revint au Manding quand on ne l'attendait plus. Il est le premier prince à propos de qui on parle de pèlerinage, je ne suis pas loin de l'identifier avec Baramandana qui fit le pèlerinage en 1050 (cf. Al Bekri. Description de l'Afrique Septentrionale). Après le pèlerinage il aurait sans doute pris le nom de Mohammed qui se dit Mamadi en Malinké. »

Source : Djibril Tamsir Niane, Recherches sur l'Empire du Mali au Moyen Age, N° 1, janvier 1959.

Kanimany eut trois fils, devenus trois chasseurs légendaires du Mandingue - souvent évoqués dans les chants panégyriques, LawaliSimbo (dit aussi « Bamari Tanyongon Simbo »), Kaninyongo Simbo, et Kani Simbo qui s'établirent dans la région de Farakoro au Mandé. (1)

À noter que selon les versions du chant, le nombre de ses fils célèbres varie de trois à quatre (alors est évoqué Furugnyongon Simbo) mais le nombre de trois apparaît plus souvent.

Parmi ces trois fils, seul Kaninyongo Simbo lui succéda - après la dispute sur l'or et les héritages entre les frères qu'il régla. Cependant, d'autres traditions - dont celle rapportée par Djeli Mamadou Kouyaté, le narrateur de D.T. Niane, Soundjata ou l'épopée mandingue - affirment que c'est Lawali Simbo (dit "Bamari Tanyongon Simbo") qui aurait succédé à son père sur le trône.

Quoiqu'il en soit, trois générations plus tard, le descendant de Kanimany se nommait Naré MaghanKon Fata Konaté, dit Frakro Maghan Keïgni (Maghan de Frakro « le Bel »), père de Soundjata. Voilà pourquoi, «l'Hymne à l'Arc» est proche de l'air «Sundjata [faassa] », puisque de fait, « L'Hymne à l'Arc » inclut très souvent au moins une partie du panégyrique (« faassa ») de l'unificateur du Manden.

Source: Momo CI

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