Effondrement d’un immeuble en construction à Nairobi : la sécurité des bâtiments de nouveau en question
- Amadou Diallo
- 3 janv.
- 2 min de lecture

Un immeuble de seize étages en construction s’est effondré brutalement vendredi dans le quartier de South C, à Nairobi, suscitant une vaste opération de secours et ravivant les inquiétudes persistantes sur la sécurité des bâtiments dans la capitale kényane.
« Nous avons entendu un grondement, puis tout s’est écroulé en quelques secondes », témoigne un habitant du quartier, encore sous le choc. Le drame s’est produit en pleine journée dans cette zone densément peuplée et en plein essor immobilier. Selon plusieurs témoins, des personnes se trouvaient à l’intérieur du bâtiment au moment de l’effondrement.
Rapidement dépêchées sur les lieux, les équipes de secours, appuyées par des volontaires et des riverains, ont entrepris le déblaiement des gravats à la recherche d’éventuels survivants. À ce stade, les autorités n’ont communiqué aucun bilan officiel, ni sur le nombre de victimes potentielles ni sur les causes exactes de l’accident. Les opérations de recherche se poursuivent, tandis qu’une enquête a été annoncée dès que les conditions de sécurité le permettront.
Une urbanisation sous forte pression
Le quartier de South C illustre les tensions croissantes liées à l’urbanisation rapide de Nairobi. Portée par une forte croissance démographique et une demande soutenue de logements, la capitale connaît depuis plusieurs années une expansion immobilière accélérée. Selon de nombreux experts, cette dynamique s’est parfois opérée au détriment du strict respect des normes de construction.
Des promoteurs sont régulièrement accusés d’utiliser des matériaux de qualité insuffisante, de négliger les études de sol ou de contourner les procédures d’autorisation. Des pratiques qui fragilisent les structures et exposent les populations à des risques majeurs.
Des précédents alarmants
Ce nouvel effondrement rappelle de précédents tragiques. En 2015, la chute d’un immeuble à Nairobi avait causé la mort d’au moins quinze personnes, provoquant une onde de choc nationale. Un audit général des bâtiments avait alors été lancé. L’Autorité nationale de la construction avait dressé un constat préoccupant : environ 58 % des bâtiments de la ville étaient jugés impropres à l’habitation, en raison de graves défaillances structurelles et d’un contrôle insuffisant du secteur.
Malgré les réformes promises à la suite de ces révélations, les accidents continuent de se produire. En octobre 2024, un immeuble de sept étages s’était déjà effondré dans la capitale, relançant le débat sur l’efficacité des mécanismes de contrôle et de sanction.
Un enjeu de gouvernance urbaine
Pour de nombreux observateurs, ces drames à répétition révèlent des failles profondes dans la gouvernance urbaine : application inégale des lois, corruption, manque de suivi technique des chantiers. L’effondrement survenu à South C remet une fois de plus en lumière la responsabilité partagée des autorités et des promoteurs dans la protection des habitants.
Les prochains jours devraient permettre de déterminer les causes exactes du sinistre. Reste à savoir si ce nouveau drame marquera un tournant vers des mesures de contrôle plus strictes et durables, ou s’il viendra s’ajouter à la longue liste des alertes restées sans suite.
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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