Immatriculation des véhicules au Mali : les porteurs d’uniforme hors-la-loi ?
- Amadou Diallo
- 29 juil. 2025
- 2 min de lecture

Bamako – Un an après l’annonce de la ministre des Transports, Mme Madina Sissoko, visant à imposer l’immatriculation systématique de tous les véhicules circulant au Mali, le constat est alarmant : de nombreux véhicules échappent toujours à cette exigence, en particulier ceux conduits par des porteurs d’uniforme.
Sur les routes de Bamako et dans plusieurs grandes agglomérations, les véhicules sans plaque d’immatriculation sont courants. Une situation d’autant plus préoccupante que nombre d’entre eux sont utilisés par des membres des forces de sécurité – policiers, gendarmes, gardes nationaux – qui, en théorie, devraient être les premiers à se soumettre à la loi.
Ces véhicules, souvent dépourvus de plaque, de carte grise, de vignette, de visite technique et d’assurance, circulent dans une forme d’impunité qui interroge. Certains ne comportent qu’un marquage sommaire, tel qu’un « CH » suivi d’un numéro de châssis. D’autres n’affichent aucun signe d’identification.
Un manque d’exemplarité criant
Cette situation soulève un problème d’exemplarité. Comment exiger du citoyen ordinaire qu’il respecte la réglementation, si ceux chargés de la faire appliquer la bafouent ? Cette pratique, au-delà de son impact symbolique, engendre des pertes économiques considérables pour l’État.
À titre d’exemple, chaque véhicule d’occasion mis en circulation doit s’acquitter d’un droit d’enregistrement estimé à 260 000 F CFA. Dans un pays où la majorité des véhicules sont importés d’Europe et ont en moyenne dix ans d’âge, le manque à gagner est significatif. Si 1 000 véhicules échappent à cette taxe, c’est plus de 260 millions de F CFA qui ne rentrent pas dans les caisses de l’État.
Un régime d’exception injustifié
Cette forme de laxisme, facilitée parfois par la complaisance de certains agents des douanes et renforcée par le sentiment d’impunité de certains porteurs d’uniforme, mine l’État de droit et alimente une culture d’exception qui fragilise l’autorité publique.
Face à cette réalité, les efforts du ministère des Transports semblent insuffisants. Pourtant, des mesures concrètes existent : élargir les contrôles aux véhicules des forces de sécurité, renforcer la coopération interinstitutionnelle (Défense, Sécurité, Transports, Finances), et surtout faire preuve de volonté politique pour mettre fin aux passe-droits.
Restaurer la confiance dans l’État
Au-delà du cadre administratif, l’enjeu est celui de la crédibilité des institutions. L’application équitable de la loi demeure une condition essentielle à la restauration de la confiance citoyenne. Sans exemplarité, il est illusoire d’exiger discipline et civisme.
Il appartient au gouvernement de donner l’exemple en appliquant les règles à tous, y compris aux détenteurs de l’autorité publique. L’exemplarité ne doit pas être une option : elle est une obligation.
Source Mali web
Haoua Sangaré
LETJIKAN








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