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Justice en péril en République centrafricaine : la Cour pénale spéciale menacée par la suspension du financement américain


Bangui, 19 octobre 2025 – La Cour pénale spéciale (CPS) de République centrafricaine, seule juridiction capable de poursuivre les crimes les plus graves commis dans le pays depuis 2003, risque de fermer ses portes faute de financement. La suspension par les États-Unis d’un appui de 4,15 millions de dollars menace l’existence même de ce tribunal hybride, mettant en péril vingt dossiers en attente et l’espoir de justice de milliers de victimes de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, tire la sonnette d’alarme : « La fermeture prématurée de la CPS signerait le triomphe de l’impunité dans un pays encore marqué par deux décennies d’atrocités ».

Créée en 2018, la CPS devait combler le vide judiciaire laissé par l’incapacité des tribunaux nationaux à juger les crimes graves. En six ans, elle a rendu seulement trois jugements, et le mandat d’arrêt contre l’ancien président François Bozizé reste toujours inexécuté. La dépendance totale de la CPS aux financements volontaires rend son avenir extrêmement fragile depuis le retrait brutal des États-Unis en janvier 2025.

Face à cette crise, Amnesty International appelle l’Union 

africaine et l’Union européenne à intervenir pour garantir la pérennité du tribunal. « Toutes les procédures en cours et futures dépendent directement de ce financement », précise Marceau Sivieude, ajoutant que l’abandon de la CPS signifierait probablement l’interruption de tous les dossiers judiciaires, y compris celui visant l’ancien président Bozizé.

Comparée à d’autres tribunaux hybrides dans le monde, la CPS est encore au début de son mandat. Le tribunal spécial pour la Sierra Leone, par exemple, a déjà jugé les principaux responsables des atrocités, y compris l’ancien président Charles Taylor. Quant au projet de Cour hybride pour le Soudan du Sud, il n’existe encore que sur papier.

Ces juridictions, bien que temporaires, jouent un rôle crucial dans la lutte contre l’impunité et la consolidation de l’État de droit. « Leur objectif n’est pas de durer éternellement, mais de s’assurer que les principaux auteurs de crimes graves soient jugés avant leur clôture », insiste Sivieude.

La communauté internationale est désormais confrontée à un choix crucial : agir rapidement pour sauver la CPS ou laisser s’éteindre la seule instance judiciaire capable de rendre justice aux victimes des crimes les plus odieux commis en République centrafricaine.

Source: Afrik.Com

 

Haoua Sangaré

 LETJIKAN


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