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Le Premier ministre du Mali interpelle l’ONU sur la souveraineté et la lutte contre le terrorisme au Sahel



New York, 26 septembre 2025 – À la tribune de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre du Mali, s’exprimant au nom de la Confédération des États du Sahel (AES – Mali, Burkina Faso, Niger), a livré un discours offensif, marqué par un appel à la réforme du système multilatéral et une dénonciation des ingérences étrangères dans la région.

Un message de souveraineté et de panafricanisme

Dès l’entame de son intervention, le chef du gouvernement malien a transmis les salutations des présidents Assimi Goïta (Mali), Ibrahim Traoré (Burkina Faso) et Abdourahamane Tiani (Niger), affirmant la détermination des peuples de l’AES à « se libérer du joug de l’impérialisme » et à tracer une voie d’autodétermination panafricaniste.

Il a salué l’élection de la nouvelle présidente de l’Assemblée générale et réitéré son soutien au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, tout en rappelant que la paix, le développement et les droits humains, piliers de l’organisation, sont aujourd’hui « gravement ébranlés » au Sahel.

Lutte contre le terrorisme et accusations contre des puissances étrangères

Le Premier ministre a mis en avant la stratégie sécuritaire conjointe menée par les forces de défense et de sécurité des trois pays de l’AES, fondée sur la mutualisation des efforts, le recrutement massif, la formation et l’équipement des armées. Selon lui, cette dynamique confirme la « pertinence » du choix souverain de l’alliance sahélienne.

Tout en rendant hommage aux victimes civiles et militaires du terrorisme, il a accusé certains États étrangers de soutenir directement les groupes armés, en leur fournissant armes, munitions, appuis logistiques et bases arrière. L’Ukraine et la France ont été explicitement citées, l’une pour avoir, selon Bamako, livré des drones aux terroristes, l’autre pour avoir entretenu des « manœuvres impérialistes » dans la région.

Un plaidoyer pour une réforme des Nations unies

Le chef du gouvernement malien a profité de la célébration des 80 ans de l’ONU pour plaider en faveur d’une refonte en profondeur du système multilatéral. Il a insisté sur :

une réforme du Conseil de sécurité qui accorde à l’Afrique « deux sièges permanents et cinq non permanents » conformément au Consensus d’Ezulwini ;

le respect du droit international, trop souvent « violé en toute impunité » ;

des mécanismes de suivi robustes pour garantir la mise en œuvre effective des engagements pris lors des grandes conférences internationales.

Il a également salué les initiatives alternatives portées par les BRICS et d’autres mécanismes financiers africains, les considérant comme des voies pour sortir du « cercle vicieux de la dépendance et du surendettement ».

Droits humains et retrait de la CPI

Sur le plan des droits humains, le Premier ministre a rappelé l’attachement historique du Mali et de la Confédération AES aux valeurs humanistes. Toutefois, il a dénoncé l’« instrumentalisation » de ces questions à des fins politiques. Il a confirmé le retrait, le 22 septembre 2025, du Mali, du Burkina Faso et du Niger du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, annonçant leur volonté de privilégier des mécanismes endogènes de justice « en adéquation avec leurs valeurs sociétales ».

Tensions diplomatiques avec l’Algérie

Une large partie du discours a été consacrée aux relations tendues avec l’Algérie, accusée d’avoir abattu un drone malien en avril 2025 et d’abriter des groupes terroristes sur son territoire. Le Mali a saisi la Cour internationale de justice, tout en dénonçant l’« incohérence » et la « fuite en avant » d’Alger. Le Premier ministre a averti que Bamako répondrait « par réciprocité » à toute attaque.

Un appel à la communauté internationale

Clôturant son discours, le chef du gouvernement malien a appelé l’ONU à « se placer du côté de la vérité » et à reconnaître que la Confédération AES lutte non seulement pour elle-même, mais pour la stabilité de l’Afrique et du monde.

« L’histoire jugera ceux qui ont armé les forces du mal, ceux qui ont détourné le regard, et ceux qui ont oublié que la justice est la seule voie vers la paix durable », a-t-il déclaré, avant de réaffirmer l’attachement de l’AES aux principes de la Charte des Nations unies.

 

Haoua Sangaré

 LETJIKAN


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