RDC : le Conseil de sécurité prolonge d’un an le mandat de la MONUSCO face à la résurgence du M23
- Amadou Diallo
- 22 déc. 2025
- 2 min de lecture

New York, 20 décembre 2025 – Initialement prévu, le retrait progressif de la MONUSCO, la plus grande mission de maintien de la paix de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC), a été suspendu. Vendredi, le Conseil de sécurité a décidé de prolonger d’un an le mandat de la mission onusienne, confrontée à une reprise des hostilités dans l’Est du pays qui a anéanti les espoirs suscités par un récent accord diplomatique.
Un retrait suspendu par les réalités du terrain
Le processus de désengagement, lancé en février avec le départ du Sud-Kivu, devait conduire à un retrait complet des Casques bleus. Mais la résurgence, en janvier, des attaques du groupe rebelle M23 – accusé par l’ONU et les autorités congolaises de recevoir un soutien du Rwanda – a tout changé.
En quelques semaines, le M23 a pris le contrôle de territoires stratégiques du Nord-Kivu, provoquant le déplacement de centaines de milliers de civils et établissant des administrations parallèles. L’incapacité des forces armées congolaises (FARDC) à reprendre ces zones a rendu « irréaliste » tout retrait significatif des Casques bleus, selon la résolution adoptée par le Conseil.
Un accord diplomatique rapidement ébranlé
Le 4 décembre, un accord de désescalade avait été signé à Washington par les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, sous l’égide de l’ancien président américain Donald Trump. Mais dès le 9 décembre, le M23 reprenait Uvira, ville clé du Sud-Kivu, montrant que la signature des chefs d’État ne suffisait pas à contrôler les milices sur le terrain.
Face à cette situation, le Conseil de sécurité a adopté une résolution exigeant « le retrait immédiat du M23 de ses positions » et condamnant « tout soutien extérieur » au groupe, visant implicitement le Rwanda. La MONUSCO, qui compte encore près de 10 000 militaires et policiers, poursuivra ses opérations de protection des civils et d’appui aux FARDC, principalement au Nord-Kivu et en Ituri, avec une surveillance renforcée au Sud-Kivu.
Une mission indispensable mais contestée vingt-cinq ans après son déploiement, la MONUSCO reste à la fois indispensable et contestée. Critiquée pour son incapacité à instaurer une paix durable, elle demeure néanmoins un rempart face à un conflit qui se sophistique, avec l’utilisation croissante de drones kamikazes et de brouillage GPS dans les zones tenues par le M23, entravant l’aide humanitaire.
Le nouveau mandat d’un an conditionne tout futur retrait au « renforcement effectif de l’autorité de l’État » congolais. En attendant, la mission continue de protéger des millions de civils pris au piège d’une guerre que la communauté internationale peine à résoudre. La prochaine échéance, dans douze mois, pourrait être déterminante pour l’avenir de la MONUSCO et de la stabilité dans l’Est de la RDC.
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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