RDC : une vague d’arrestations au sein de l’armée révèle de fortes tensions au sommet de l’appareil sécuritaire
- Amadou Diallo
- 25 nov. 2025
- 2 min de lecture

Un climat de tension règne au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) après une série d’arrestations visant plusieurs hauts gradés présentés jusqu’ici comme des figures centrales de la sécurité nationale. Menée dans la plus grande discrétion, l’opération suscite interrogations et inquiétudes au sein des familles, alors que peu d’informations officielles ont été rendues publiques.
Le 22 novembre, le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des FARDC, avait confirmé l’existence de ces interpellations, évoquant des faits « d’une gravité exceptionnelle » en lien direct avec la sécurité nationale. Il n’avait toutefois communiqué ni noms ni détails, invoquant la sensibilité du dossier.
Depuis, plusieurs sources militaires et institutionnelles permettent de cerner l’ampleur de ce vaste coup de filet.
Des généraux de premier plan mis à l’écart
Parmi les personnalités concernées figure le général Franck Ntumba, chef de la Maison militaire du président de la République, poste clé rattaché directement à la Présidence. Sa mise à l’écart est perçue comme un signal fort des tensions internes.
Autre officier majeur interpellé : le général Christian Tshiwewe, ancien chef d’état-major des FARDC, devenu conseiller militaire du président Félix Tshisekedi. Sa proximité avec le sommet de l’État confère une dimension particulièrement sensible à cette arrestation.
Le nom du général Christian Ndaywel Okura, ex-pilier du renseignement militaire et récemment nommé chef d’état-major des forces terrestres, apparaît également parmi les principaux mis en cause.
Selon des sources concordantes, jusqu’à 11 généraux seraient concernés, accompagnés de 14 officiers supérieurs, certains arrêtés avec leurs proches collaborateurs, dont des directeurs de cabinet.
Des conditions de détention opaques et une sécurité renforcée
Les officiers interpellés ne seraient pas détenus dans les établissements pénitentiaires classiques, mais dans des résidences sécurisées décrites comme des « villas » sous étroite surveillance.
Des sources militaires évoquent une suspension des visites après des suspicions d’intrusion ou de tentative d’attaque, empêchant même les familles d’accéder aux sites.
Le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Paul Nsapu, affirme avoir rencontré plusieurs des officiers, dont les généraux Tshiwewe, Ntumba et Ndaywel. Il assure qu’ils ne sont pas détenus dans des lieux clandestins et que la CNDH poursuivra ses visites à la demande. Il rappelle également que les autorités judiciaires militaires ne sont pas tenues de communiquer en détail à ce stade de l’enquête.
Des interpellations liées aux revers militaires à l’Est ?
L’affaire s’inscrit dans un contexte de revers militaires dans l’Est du pays, où les FARDC ont récemment perdu plusieurs positions face à des groupes armés, notamment l’AFC/M23.
Une première vague d’arrestations avait déjà visé des officiers rappelés du front. Lors de leurs auditions, certains auraient cité des responsabilités présumées de collègues ou supérieurs, ce qui aurait conduit à cette seconde série d’interpellations.
Les premiers officiers arrêtés sont toujours détenus à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa.
Pour l’heure, aucune information officielle n’a détaillé les accusations précises, laissant place à de nombreuses spéculations sur les enjeux politiques et militaires entourant ce dossier explosif.
Source : Afrik.Com
Haoua SANGARÉ
LETJIKAN








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