Sanctions occidentales contre la Russie : une onde de choc énergétique qui frappe l’Afrique, entre risques et opportunités
- Amadou Diallo
- 24 oct. 2025
- 2 min de lecture

Bamako, octobre 2025 — La nouvelle salve de sanctions occidentales contre la Russie, ciblant notamment Rosneft, Lukoil et les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), redessine profondément les équilibres du marché mondial de l’énergie. Si l’objectif affiché par Washington et Bruxelles est de réduire les revenus énergétiques alimentant l’effort de guerre russe, les répercussions se font déjà sentir à l’échelle planétaire — et l’Afrique n’y échappe pas.
Un choc immédiat sur les marchés mondiaux
Fin octobre, l’Union européenne et les États-Unis ont annoncé un nouveau train de sanctions visant les géants russes de l’énergie et la « flotte fantôme » de pétroliers soupçonnés de contourner les embargos précédents. Résultat immédiat : une hausse d’environ 5 % du prix du baril, provoquant un effet domino sur les marchés mondiaux du pétrole et du gaz.
L’Afrique, victime indirecte d’une guerre économique
Bien que le continent africain ne soit pas directement visé par ces mesures, il subit de plein fouet les effets secondaires de cette recomposition énergétique. De nombreux pays, dépendants des importations d’hydrocarbures et de produits raffinés, voient leur facture énergétique s’envoler. Cette flambée des prix alimente l’inflation, accentue la pression sur les devises locales et fragilise les équilibres budgétaires.
Selon un rapport de l’Institut français des relations internationales (IFRI), la Russie cherche désormais à rediriger ses exportations vers les marchés africains, dans une tentative de contourner les restrictions occidentales. Si cette ouverture peut paraître avantageuse pour certains États africains, elle comporte aussi des risques accrus de dépendance et d’instabilité dans les approvisionnements.
Inflation et tensions sociales en perspective
La hausse des prix du carburant, de l’électricité et du transport affecte directement le quotidien des ménages africains. Pour les gouvernements, maintenir les subventions énergétiques devient un exercice budgétaire de plus en plus intenable. Cette situation pourrait raviver des tensions sociales, comme celles observées ces dernières années au Nigeria ou au Sénégal après la suppression partielle des subventions.
Des opportunités à saisir pour les pays producteurs
Toutefois, la crise ouvre aussi des perspectives économiques pour les producteurs africains. Des pays comme le Nigeria, l’Angola, l’Algérie ou la Libye pourraient tirer parti du resserrement de l’offre mondiale. L’Europe, cherchant à diversifier ses sources d’énergie, se tourne davantage vers ces partenaires.
L’Algérie, en particulier, renforce sa place de fournisseur stratégique de gaz naturel pour le Vieux Continent. Parallèlement, des pays émergents comme le Mozambique et la Tanzanie espèrent attirer des investissements supplémentaires dans leurs projets de GNL.
Naviguer entre dépendance et souveraineté
Ces opportunités demeurent toutefois conditionnées à la fiabilité des infrastructures, à la stabilité politique et à la capacité de production des pays concernés.
Pour le continent, le défi est clair : tirer parti des bouleversements énergétiques mondiaux sans en devenir les victimes collatérales. Dans un contexte de rivalité géopolitique qui le dépasse, l’Afrique doit plus que jamais défendre ses intérêts économiques et sa souveraineté énergétique.
Source: Afrik.Com
Haoua Sangaré
LETJIKAN








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