Budget 2025 : la sécurité renforcée, l’administration et l’agriculture sacrifiées
- Amadou Diallo
- 3 sept. 2025
- 2 min de lecture

Le gouvernement a présenté son projet de Loi de Finances rectificative 2025, marqué par un ajustement clair des priorités budgétaires. L’enveloppe globale connaît une hausse limitée, passant de 3 229,8 à 3 279,8 milliards F CFA. Mais derrière cette progression modeste de 50 milliards, la redistribution sectorielle illustre des choix politiques tranchés.
Administration en net recul
Les services généraux de l’administration publique voient leurs crédits fondre de 938,9 à 776,1 milliards F CFA, soit une baisse de plus de 160 milliards. Leur part relative chute ainsi de 29,07 % à 23,66 %, traduisant une volonté de réduire les charges de fonctionnement au profit d’autres secteurs jugés prioritaires.
Sécurité, grande gagnante
La défense et l’ordre public enregistrent une progression spectaculaire. Le budget de la Défense grimpe de 470,1 à 527 milliards F CFA, tandis que celui de la sécurité publique bondit de 332,5 à 504,4 milliards F CFA. Ensemble, ces deux postes atteignent désormais plus de 31 % du budget national, confirmant la priorité accordée à la lutte contre l’insécurité et le terrorisme.
Agriculture et économie en baisse
En revanche, les secteurs productifs subissent des coupes sensibles. Les affaires économiques reculent de 550,4 à 492 milliards F CFA, et l’agriculture, pilier stratégique face aux défis alimentaires, passe de 8,46 % à seulement 7,49 % du budget.
Éducation et santé : ajustements limités
L’enseignement accuse une légère baisse, de 557,7 à 530,9 milliards F CFA. La santé bénéficie d’un petit renfort, à 160,9 milliards contre 154,4 milliards initialement, signe d’un effort de maintien face aux besoins sanitaires.
Culture et culte en pleine expansion
Autre fait marquant, le budget alloué aux loisirs, à la culture et au culte est presque triplé, passant de 39 à 116,2 milliards F CFA. Cette réévaluation porte son poids à 3,54 %, reflet probable d’une volonté de renforcer la cohésion sociale et l’identité culturelle dans un contexte de crise.
Avec ce collectif budgétaire, le gouvernement malien confirme une orientation sécuritaire assumée, quitte à réduire certains investissements stratégiques, notamment dans l’agriculture et l’éducation.
Source Bamako Bamada
Haoua Sangaré
LETJIKAN








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